Association des Gens du secteur Grand-Mère
---

Hillary Clinton exige que Trump retire cette vidéo

Auteur : Byblos | Editeur : Walt | Samedi, 12 Nov. 2016 - 09h14
 
 
 


Trump révèle Hillary comme jamais auparavant.

On est loin des diatribes qu’on lui a attribuées tout au long de la campagne. Le mensonge par omission est encore
 
plus grave que le mensonge grossier.

Voir la vidéo ci-dessus.


- Source : Byblos
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Coupe du Monde de football 2022 au Qatar : plus de 1000 morts

Auteur : Mylène Vandecasteele | Editeur : Walt | Jeudi, 13 Oct. 2016 - 12h28
 
 
 

Un syndicat menace de lancer des poursuites contre la Fédération des associations internationales de football (FIFA)pour l’exploitation de 1,34 millions de travailleurs immigrés au Qatar.

La Fédération des syndicats néerlandais (FNV),  agissant pour le compte d’un ouvrier bangladais de 21 ans, Nadim Sharaful Alam, se réfère aux conditions de travail intolérables imposées aux travailleurs immigrés employés sur les chantiers d’infrastructure pour la Coupe du Monde au Qatar. La Fifa est accusée de complicité dans les violations des droits de l’homme subies par les travailleurs immigrés au Qatar. Le syndicat néerlandais lui donne 3 semaines pour accepter cette complicité et payer des dommages-intérêts à Alam. Dans le cas contraire, il porterait plainte contre elle.

Les dommages-intérêts réclamés sont relativement modestes (10 390,53 francs suisses, soit environ 9 534 euros), mais ce précédent pourrait ouvrir la porte à des milliers d’autres requêtes.

La Fifa n’a cessé de répéter qu’elle faisait ce qu’elle pouvait pour que la Coupe du Monde donne l’occasion au Qatar de changer ses pratiques, et d’améliorer les conditions de travail pour les travailleurs immigrés en particulier.

Dans un courrier adressé à la Fifa, des avocats du syndicat lui demandent de « reconnaître qu’elle a mal agi en attribuant la Coupe du Monde 2022 au Qatar sans obtenir l’assurance que ce pays respecterait les droits fondamentaux humains et le droit du travail à l’égard des ouvriers de construction immigrés dont le travail est lié à la Coupe du Monde 2022 ».

La Kafala

Le syndicat affirme également que la Fifa aurait dû imposer l’abolition du système de la kafala, qui oblige les travailleurs immigrés au Qatar à recourir au « parrainage » d’un employeur ou d’un citoyen qatari qui devra donner son autorisation pour qu’ils puissent quitter le pays.

Souvent, ils sont attirés par des publicités trompeuses, et se retrouvent obligés de rembourser les frais de recrutement qu’ils ont occasionnés pour leur employeur, parfois pendant plusieurs années. Ce dernier peut confisquer leur passeport et leur refuser son autorisation de quitter le territoire lorsqu’ils le désirent.

Ces contraintes obligent parfois les immigrés à accepter des contrats de travail qu’ils n’auraient pas acceptés dans des conditions normales, et de ce fait, d’une certaine manière, la Kafala s’assimile à une forme d’esclavage moderne.

Une “minute de silence” de plus d’une heure

Au Qatar, les conditions de travail peuvent être très éprouvantes. Les travailleurs étrangers sont obligés de trop longues heures à des températures qui atteignent 50° C, sans possibilité de s’abriter ou de se rafraîchir.

En juillet de l’année dernière, le magazine espagnol El Pais Semanal avait calculé que si l’on devait débuter chacun des 64 matches qui seront joués au Qatar pour la Coupe du monde de football 2022 par une minute de silence pour chaque travailleur décédé, il faudrait faire précéder chaque match d’un silence de plus d’une heure. A cette époque, des médias avaient rapporté que 1.200 travailleurs immigrés étaient déjà décédés sur les chantiers de construction des stades au Qatar, et l’on prévoyait que 2.800 de plus s’y ajouteraient jusqu’à l’ouverture de la coupe du Monde.


- Source : Express Business
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Il est tard un peu on connaissais tous la complicité douce et lâche des journalistes ...Bougent t"ils pour eux personnellement ...

Des journalistes découvrent que leurs patrons ne sont pas des anges

Auteur : Antoine Champagne - kitetoa | Editeur : Walt | Vendredi, 28 Oct. 2016 - 16h27
 
 

Vous soutenez I-Télé ? Oui, vous savez, les gentils journalistes en lutte contre le méchant Bolloré qui tente d’imposer Jean-Marc Morandini à l’antenne…

Il y a ces temps-ci une épidémie de journalistes qui découvrent que leurs patrons ne sont pas des anges et s’en offusquent publiquement. C’est du moins ce que le bruit médiatique nous laisse percevoir.

Le premier gros « boum » s’est fait entendre avec le livre « Le monde libre » d’Aude Lancelin. Ancienne directrice adjointe de l’Obs, elle a été remerciée dans des conditions pour le moins désagréables et pour des raisons politiques. Elle en a tiré un livre (full disclosure : que nous n’avons pas encore lu) qui raconte avec une extrême précision c’est qu’est un journal comme l’Obs. Car si le portrait est celui de l’Obs, il s’applique dans les grandes lignes à sans doute à peu près toute la presse.

Et puis il y a eu le malaise Morandini. L’animateur est mis en examen pour corruption de mineur aggravée par l’utilisation d’un moyen de communication électronique, et placé sous contrôle judiciaire. Et les journalistes d’I-Télé trouvent que cela fait désordre. Ils font donc grève. Mais le font-ils pour les bonnes raisons ?

La présence de Morandini, mis en examen ou pas, à l’antenne est en elle-même une insulte au journalisme. C’est là que devrait se trouver le point de rupture. Morandini incarne comme Cyril Hanouna ou bien d’autres, tout ce que la télévision peut produire de pire et de plus éloigné du journalisme.

On pourrait expliquer que ce n’est pas nouveau. L’irruption de patrons d’entreprises dans le secteur de la presse ne date pas d’hier. Ils sont marchands d’armes, bétonneurs, banquiers, maroquiniers. Bref tout sauf des patrons de presse. Ils appliquent leurs recettes à des entreprises qui ne peuvent pas fonctionner comme les autres. Et ça fait des journaux ou des télés de m…

Nous n’inventons rien. En 1987, le dessinateur Wiaz passait un dessin à l’antenne, sur TF1 récemment rachetée par Bouygues, représentant un Francis Bouygues s’écriant : « Une maison de maçon.. un pont de maçon.. une télé de m…! ». Dans la foulée, l’émission était arrêtée.


Le problème dénoncé par les journalistes d’I-Télé ou la journaliste de l’Obs n’est donc pas nouveau. Les patrons de presse sont désormais pratiquement tous des gens qui ne sont plus issus du secteur. Cela pose trois soucis principaux qui ne viennent pas d’être découverts.

Le premier est économique. Quand on a une rentabilité de 30 % dans son secteur initial, on attend la même chose dans une entreprise que l’on rachète. Soit-elle une entreprise de presse. Or c’est impossible. La presse est un secteur complexe qui ne peut produire de la qualité qu’avec beaucoup de dépenses. Placer des M. Excel qui font des coupes magiques dans les dépenses, cela réduit obligatoirement la qualité de ce qui est produit. Moins de reportages, moins de correcteurs, moins de documentation, des journalistes qui font plusieurs métiers en plus du leur… Il n’y a que ces nouveaux patrons pour penser que l’on peut faire mieux avec moins.

Deuxième problème : les nouveaux patrons de presse s’achètent une danseuse. Ils pensent que la presse est toujours le 4ème pouvoir. Or leurs relations avec les différents pouvoirs (économique, politique, financier) sont légion. Ils ont donc une envie très puissante de ne pas laisser les journalistes qu’ils se sont achetés critiquer leurs amis. D’où les censures que l’on a pu observer. Dans l’autre sens, on peut observer des articles qui « favorisent » les amis des patrons de presse.

Enfin, il reste le problème de l’information du public. Qui découle du problème précédent.

Peut-on imaginer un article défavorable à LVMH dans Les Echos, un journal qui appartient à Bernanrd Arnault ? Un article critique sur Dassault dans Le Figaro, qui appartient à Dassault ? Un article sur IOL dans Libération qui appartient à Patrick Drahi (SFR), gros consommateur de sondes Qosmos) ou dans Le Monde, qui appartient à Xavier Niel (Free) ?

Le Monde Diplomatique a dressé récemment une carte de la presse que les journalistes des différentes rédactions pourraient utilement regarder. Ils sauraient ainsi quelles sont les limites imposées dans l’exercice de leur métier.

 

Les journalistes qui font tant de bruit médiatique actuellement ne découvrent pas le problème. Il y a juste un élément déclencheur, un ras-le-bol. Mais il n’y a pas d’issue à leur problème. Il y a un choix unique : être dedans ou dehors. Si l’on accepte de travailler dans une rédaction, il faut prendre en compte les baronnies, le poids de la publicité, des investisseurs, des patrons de presse vendeurs d’armes ou de sacs-à-main. En échange, on bénéficie d’un salaire à peu près convenable. On tire un trait sur le journalisme mû par la passion, la vocation.

Si l’on préfère faire ce métier parce que l’on a une vocation, une passion, une envie d’informer le public sans biais, il faut désormais être dehors ou dedans et dehors. L’indignation soudaine ne suffit plus. Comme lors de leur dissolution, les Bérurier Noirs criaient « Formez des groupes de rock… LIBRES ! », il est temps de créer des journaux libres.

C’est ce que nous avons décidé de faire avec Bluetouff il y a maintenant à peu près six ans.

C’est une responsabilité. Nous avons payé le prix d’une parole libre.

Quant à vous, chers lecteurs, votre responsabilité est de donner à ce journal libre les moyens de sa survie. Car aujourd’hui, ce n’est toujours pas le cas. Et vous risquez de vous retrouver avec des I-Télé ou des l’Obs dont même les journalistes semblent dire qu’il s’agit de médias de m… maçon…


- Source : Reflets Info
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ghislain Dubois: le premier procès contre l’OTAN affole la justice belge (Vidéo)

Auteur : Slobodan Despot | Editeur : Walt | Mercredi, 26 Oct. 2016 - 16h50
 
 
 
 
 
 
 

En juin 2011, une frappe de l’OTAN vise la propriété du général El Hamidi, un allié de la première heure du colonel Kadhafi. Les huit missiles tirés ne parviennent pas à tuer le militaire retraité, mais massacrent sa famille. 17 personnes, dont trois enfants, sont tuées dans le raid. S’ensuivra une cascade de dénégations et de justifications plus invraisemblables les unes que les autres.

Me Ghislain Dubois, à Bruxelles, est l’avocat des victimes de cette attaque criminelle et délibérée contre des civils. Il mène aujourd’hui le seul procès en cours visant l’OTAN en tant qu’institution. S’il existe des crimes de guerre caractérisés, cet assassinat politique ciblé en est indiscutablement un. Cela ne veut pas dire pour autant que la justice belge soit prête à le reconnaître. Me Dubois nous livre le récit d’un combat révoltant contre le déni de justice et de ses implications. Il rappelle aussi l’ignorance dans laquelle ont été tenues les opinions sur les motifs et les circonstances de l’élimination du leader libyen.


- Source : Antipresse
 
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

L’Allemagne et la Deutsche Bank sont dans l’œil du cyclone

Auteur : Robert Bibeau | Editeur : Walt | Mardi, 25 Oct. 2016 - 07h36
 
 
 

Prenez la peine de vous informer à propos des difficultés financières de l’Allemagne, la troisième économie mondiale. Ce qui se passe là-bas sera bientôt le lot des pays occidentaux.

Depuis plusieurs jours les médias financiers s’émeuvent des difficultés des banques allemandes. Une vidéo du réseau Le Fil de l’Actualité propose une explication qui obscurcit plus qu’elle n’éclaircit le prétendu mystère de la faillite imminente de la Deutsche Bank, l’une des plus grandes banques d’Europe (1). Pourquoi et comment en est-elle arrivée là ?

La Deutsche Bank en difficulté

Ce n’est pas en scrutant les opérations bancaires et boursières journalières de la Deutsche Bank que vous découvrirez le motif de sa faillite appréhendée. En effet, cet examen critique des opérations de la banque allemande laisse entendre que la banque aurait pu agir autrement d’où la conclusion de la présentatrice de l’émission à l’effet que les gouvernements devraient légiférer pour contrôler les banques et les empêcher de spéculer et de mener des opérations boursières trop risquées comme celles des « subprimes » en 2007. Mais si une banque se voyait soudainement empêcher de prêter l’argent de ses épargnants, elle ferait faillite immédiatement plutôt que dans cinq ans.

Reprenons point par point le raisonnement qui nous est présenté dans cette vidéo du webmagazine Le Fil d’Actualité afin d’en démontrer l’inanité.

« La Deutsche Bank possède un capital de 17 000 milliards de dollars US en placement (prêts), pourtant elle enregistre une perte de 7 milliards de dollars cette année, au motif que la Banque Centrale Européenne, imposant un taux directeur à zéro pour cent, rend le prêt d’argent peu payant, forçant ainsi la Deutsche Bank à des placements boursiers mieux rémunérés, mais aussi plus risqués. Pire, le gouvernement des États-Unis poursuit la banque allemande pour un montant de 15 milliards de dollars pour son implication dans l’arnaque des « subprimes » en 2007-2008 aux É.-U. Du capital à prêter la Deutsche Bank en a à satiété puisque l’Allemagne a un excédent commercial de plusieurs milliards de dollars chaque année (272 milliards de dollars en 2015) ». L’analyste poursuit sa fumisterie en disant qu’il y a trop d’épargne en Allemagne et pas assez d’emprunts ce qui est démentit par les chiffres publiés par le FMI qui démontre que l’endettement atteint des niveaux record dans tous les pays de l’hémisphère nord, y compris en Allemagne (2). Ce qui manque aux investisseurs Allemands ce sont des occasions d’affaires dans lesquelles investir leur capital bancal. Il n’y a nulle part où cette banque puisse prêter cet argent sans risquer de le dilapider – car le problème ce n’est pas la « financiarisation ou la monétarisation » de l’économie « irréelle » (sic) comme l’écrivent les économistes, le problème c’est l’étranglement de l’économie capitaliste. Le problème ce sont les marchés anémiés, sans solvabilités, que les « vautours » financiers s’arrachent faute d’autres proies à dépecer. Le capital est disponible à profusion, mais il ne parvient plus à se valoriser – à s’investir « profitablement », ce que les économistes marxistes appellent « l’accumulation capitalistique » – d’où les banquiers – ces argentiers de métiers – sont contraints de lui imposer une circulation forcée à travers le circuit financier qui ne peut que se dégrader au point d’imploser. Car contrairement à ce que prétendent les économistes gauchistes la circulation financière du monétaire ne crée que valeurs boursières imaginaires, via une circulation parasitaire qui accapare une part croissante de la plus-value aux dépens du secteur productif de l’économie (industriel – construction – primaire – transport). Mais attention, ce phénomène n’est pas apparu au stade ultime impérialiste du mode de production capitaliste. Cette pratique existait dès l’origine de ce mode de production, la phase impérialiste là simplement exacerbée jusqu’à le faire imploser. 

Pourquoi l’Allemagne est-elle dans l’œil du cyclone ?

L’Allemagne est dans l’œil du cyclone parce que l’économie allemande est prospère et la plus moderne, la plus robotisée, du monde. L’économie allemande est celle qui a atteint la plus forte composition organique en capital (Capital fixe/Capital variable), ou, si vous préférez, les immobilisations allemandes divisées par la rémunération des prolétaires allemands. Dans une économie nationale, la valeur marchande produite (valeur ajoutée = Va) par rapport au capital investi donne un indice du niveau de productivité de l’économie. La formule va comme suit : (Va/ (Cc = Immobilisation) + (Cv = rémunération)). De ce point de vue l’économie allemande est très performante, car c’est une économie fortement mécanisée et robotisée, ayant donc une forte productivité. En conséquence, c’est aussi l’économie qui connait la plus forte baisse de son taux moyen de profit. La loi de la baisse tendancielle du taux de profit se lit comme suit : « Lorsque la composition organique du capital augmente plus rapidement que le taux de plus-value, le taux de profit baisse » (Karl Marx).

Ainsi, des calculs récents montrent qu’en Allemagne la productivité du travail salarié plafonne alors que le taux de plus-value (Valeur ajoutée = Va) diminue pour l’ensemble de l’économie tout comme aux États-Unis (3). Pire, quand le taux de plus-value diminue ceci signifie que le capital ne parvient plus à se reproduire en quantité suffisante pour se régénérer et pour croitre et c’est un indice de la déchéance du mode de production capitaliste. C’est ce processus que l’on appelle le stade impérialiste du mode de production capitaliste et il survient d’abord dans les économies les plus en pointe, les plus performantes. La phase ou les contradictions inhérentes à ce mode de production, pleinement développées, en paralyse l’expansion et en provoque l’attrition. Rien à voir avec l’apparition du « capital financier  », la pseudo « financiarisation et la monétarisation » de l’économie, ni avec la « monopolisation et la socialisation de la production », ni avec « l’exportation de capitaux à la place des marchandises » qui sont simplement des symptômes, des conséquences de la décadence et non sa substance. 

Examinons une citation de Lénine tirée de son livre « L’impérialisme stade suprême du capitalisme  ». Lénine écrit «  Traduit en clair, cela veut dire que le développement du capitalisme en est arrivé à un point où la production marchande, bien que continuant de « régner » et d’être considérée comme la base de toute l’économie se trouve en fait ébranlée, et où le gros des bénéfices va aux « génies » des machinations financières. À la base de ces machinations et de ces tripotages, il y a la socialisation de la production ; mais l’immense progrès de l’humanité, qui s’est haussée jusqu’à cette socialisation, profite… aux spéculateurs ».

Lénine adopte ici une position réformiste, au même titre que les analystes du Fil de l’actualité qui prétendent que machinations et tripotages de la part des spéculateurs financiers sont les causes de la crise systémique du capitalisme en phase impérialiste, une phase différente du « capitalisme classique » disait Lénine (4).

Appliquons ces principes à la faillite imminente de la Deutsche Bank. En plaçant leur capital financier, dans des prêts risqués – sulfureux, les banquiers allemands n’ont pas tripoté – ils n’ont fait que leur devoir – ce qu’ont fait les banquiers du monde entier ; car bien peu d’occasions d’affaires « profitables » s’offraient à leur sagacité affamée. S’ils ne l’avaient pas fait, leur banque aurait déjà périclité. Les banquiers et les spéculateurs boursiers ont été forcés par les lois du système économique et financier à ces opérations risquées puisque tout autre chemin de valorisation du capital (financier, monétaire, ou autres appellations) leur était fermé. À la prochaine occasion, ils devront récidiver. Aucun système de contrôle gouvernemental – aucune règlementation étatique capitaliste – ne pourra jamais empêcher le capital de tenter de se frayer un chemin au sein de la superstructure financière dans une veine tentative de fructifier, objet ultime de son existence. Ce phénomène n’a rien à voir avec la « socialisation de la production » proclamée par Lénine. Il ne faut jamais prendre la conséquence pour la substance.

Pour conclure

L’explication ultime de la crise de la Deutsche Bank ainsi que des crises qui secouent le système financier capitaliste réside dans le procès de production (l’infrastructure sur laquelle repose la superstructure) jamais dans les rapports de production, jamais dans la responsabilité de tel ou tel agent économique fonctionnaire du capital. Les malversations des banquiers allemands ne fournissent pas le motif de la faillite de la Deutsche Bank, elles sont simplement la réaction de survie que ces banquiers ont imaginée pour sauver leur institution tout comme les autres banquiers de la Cité et de Wall Street l’ont fait et le referont. La solution à la crise systémique du capitalisme n’est pas de règlementer ou de tenter de contrôler l’activité des banquiers, c’est de détruire le système bancaire capitaliste et l’ensemble du mode de production capitaliste ainsi que l’État capitaliste – son État-major – qui ne pourra jamais sous aucune condition être redressée n’en déplaise aux réformistes et aux opportunistes.

À l’échelle internationale, les déboires de la Deutsche Bank démontrent que l’Allemagne se retrouve à nouveau aujourd’hui à la croisée des chemins au sein de l’économie européenne et mondiale. Son développement économique la place en opposition à l’expansion du capital américain, du capital chinois, du capital russe en Europe centrale. Les alliances impérialistes se redessinent. D’un côté la Russie resserre ses liens avec la Chine, le Royaume-Uni aussi. La France resserre ses liens avec l’Amérique tandis que l’Allemagne, isolée, tente de rassembler les pays de sa sphère d’influence européenne.

La classe prolétarienne n’a rien à faire dans ces galères impérialistes mortifères qui courent à la guerre et elle doit bien comprendre ces dispositions géopolitiques – refusée de prendre partie dans ces conflits inter-impérialistes et conservée ses énergies pour le marathon final. 

Notes:

1- https://www.facebook.com/lefildactuofficiel/videos/1219085291466646/

2- http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lendettement-mondial-gravit-de-nouveaux-sommets/

3- http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/le-taux-de-profit-aux-etats-unis-1948-2015/

4- http://www.les7duquebec.com/7-au-front/centenaire-de-limperialisme-stade-supreme-du-capitalisme-de-lenine/


- Source : Agoravox
---------------------------------------------------------------------------------------------------------

Comment des laboratoires pharmaceutiques rémunèrent des médecins pour des études scientifiquement contestées

Auteur : Rachel Knaebel et Simon Gouin | Editeur : Walt | Lundi, 24 Oct. 2016 - 09h30
 

Chaque année, les grands laboratoires pharmaceutiques dépensent des millions d’euros en « études observationnelles ». Le principe ? Rémunérer des médecins pour qu’ils transmettent à ces mêmes labos des données concernant les effets des médicaments prescrits sur leurs patients. Problème : entre des objectifs scientifiques et sanitaires louables, et des pratiques commerciales visant à assurer la prescription de leurs produits par les médecins concernés, la frontière est parfois floue. Et les intérêts économiques en jeu colossaux. La pratique est très répandue en Allemagne, mais aussi en France. La transparence, beaucoup moins. Les patients et la Sécurité sociale, qui finance les prescriptions, s’y retrouvent-ils ? Basta ! a mené l’enquête.

La plupart du temps, c’est par un courriel que les médecins sont contactés. Un laboratoire pharmaceutique leur propose de participer à une étude sur un médicament bien précis, en prescrivant, le plus souvent, ce dernier. Puis d’observer les éventuels effets du produit, en remplissant un questionnaire que récoltera et analysera, plus tard, le laboratoire. En contrepartie, le médecin reçoit de l’argent : d’une dizaine d’euros à plusieurs milliers pour chaque patient inclus dans l’étude.

Des études scientifiques qui visent à récolter des données et améliorer les traitements ? Officiellement, oui. Dans la pratique, les choses sont moins évidentes. « Ces études dites “observationnelles” sont lancées avec le prétexte de faire de la recherche, mais très souvent, elles ne donnent lieu à aucune publication revue par les pairs », pointe Anne Chailleu, de l’association Formindep, une association pour une formation et une information médicales indépendantes « de tout autre intérêt que celui de la santé des personnes ». A quoi servent ces études, pour lesquelles les grands laboratoires pharmaceutique dépensent des millions d’euros ?

Entre 400 et 1 200 euros par patient

En février, le Formindep a reçu le témoignage d’un hépatologue (spécialiste des maladies du foie) qui affirme avoir été contacté par deux laboratoires lui proposant des études observationnelles sur le traitement contre l’hépatite C. En échange de la prescription de leurs médicaments et du remplissage d’un cahier d’observation des patients, ce médecin aurait pu recevoir, en fonction du laboratoire, entre 400 et 1 200 euros par patient inclus dans l’étude, avec une limite de dix patients. De quoi lui assurer un sympathique complément de revenus.

En Allemagne, le site d’information Correctiv a révélé en mars dernier les montants faramineux des honoraires versés par les laboratoires pharmaceutiques aux médecins du pays, pour des études d’observation de médicaments déjà sur le marché. Certains depuis des dizaines d’années [1]. La firme pharmaceutique française Servier, mise à l’index pour le scandale du Mediator, a ainsi distribué des millions d’euros aux médecins allemands [2]. Pour son médicament pour le cœur, le Procoralan, en vente outre-Rhin depuis 2006, Servier a conduit une étude sur 13 250 patients allemands, et versé pour cela 190 euros par patient observé, soit au total plus de 2,5 millions d’euros. Ce médicament provoquerait pourtant d’importants effets secondaires, comme des troubles cardiovasculaires parfois mortels [3].

De même pour Sanofi. Le plus grand laboratoire pharmaceutique français a réalisé en Allemagne des études observationnelles pour onze produits différents sur la période 2009-2014 [4]. L’une d’entre elle concernait un produit destiné aux diabétiques, le Lantus, en vente depuis déjà quinze ans. Pour en « étudier » les effets, Sanofi a versé aux médecins jusqu’à 200 euros par patient pour 22 580 patients observés, soit 3,5 millions d’euros au total.

Un caractère scientifique contesté

En 2014, plus de 12 000 médecins conventionnés allemands ont participé à ce type d’étude, soit un médecin conventionné sur dix. Ce sont au total plus de 100 millions d’euros que les firmes pharmaceutiques distribuent en moyenne chaque année aux médecins allemands pour ces études observationnelles.

Pour quel apport scientifique ? Les 50 médicaments les plus concernés par ces études sont en majorité des préparations analogues à des médicaments qui existent déjà. Et beaucoup sont des produits dont l’efficacité a été jugée médiocre par les autorités sanitaires allemandes, pointent les journalistes de Correktiv. La filiale allemande du laboratoire suisse Roche a déboursé plus de 34 millions d’euros pour étudier les effets sur plus de 17 000 patients d’un médicament de traitement de l’hépatite C (Pegasys) classé par les autorités sanitaires allemandes comme un médicament analogue à un produit déjà existant présentant une différence marginale ou inexistante [5]. Des médecins et chercheurs interrogés par les journalistes allemands ont jugé que ces études observationnelles sont souvent infondées du point de vue scientifique.

En France, peu de transparence

Qu’en est-il en France ? Contrairement à l’Allemagne, il est pour l’instant impossible d’avoir une vue d’ensemble sur ces pratiques. Les données disponibles sont très parcellaires. Plus d’un millier d’études observationnelles menées entre 2012 et 2015 sont recensées dans la base « Transparence santé », mise en place par le ministère de la Santé en 2014 pour informer sur les liens d’intérêt entres les industriels du secteur pharmaceutique et les professionnels. On y trouve notamment des dizaines d’études menées par les laboratoires Teva (Israël) et Lundbeck (Danemark). Mais la base de données Transparence santé ne donne d’information ni sur les médicaments concernés, ni sur le montant des honoraires, pas plus que sur le nombre de patients observés. Un manque auquel la future loi santé pourrait remédier.

Interrogés par Basta !, les laboratoires ne se montrent en général pas prompts à s’exprimer sur le sujet. Le service de presse du groupe Sanofi en France nous renvoie ainsi vers Sanofi Allemagne, qui est l’une de ses filiales, détenue à hauteur de 100 % du capital. À la question « A quoi sert une étude observationnelle pour un produit en vente et prescrit depuis 25 ans ? », le service de presse de Sanofi Allemagne n’a apporté aucune réponse.

Seuls les laboratoires Teva, Abbvie (États-Unis) et Ipsen ont accepté de répondre à nos questions. Teva a mené des études observationnelles sur environ 8 500 patients entre 2012 et 2015. Pour quels médicaments ? Des pilules contraceptives (Leeloo et Zoely), des traitements contre la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, et du cancer [6]. Le porte-parole du laboratoire assure que ces études « font l’objet d’un rapport d’étude clinique. Ces derniers peuvent être publiés sous forme de poster ou de présentation orale au cours de congrès scientifiques nationaux ou internationaux », et de publications scientifiques.

« Améliorer la vie des patients »

De son côté, le laboratoire Abbvie répond point par point à nos questions. L’entreprise pharmaceutique mène actuellement quatre études observationnelles en France. Dont une sur son médicament contre l’hépatite C, le Viekirax, proposée à l’hépatologue cité en début d’article. Son objectif, nous décrit son directeur de la communication, est de« mesurer l’efficacité et la sûreté du médicament en "vie réelle", d’améliorer la vie des patients ». Fatigue, productivité au travail, tolérance et efficacité du traitement : plusieurs critères sont évalués pour servir ensuite, si nécessaire, à améliorer le traitement ou sa posologie. Tout cela, en plus de la pharmacovigilance exercée par les médecins qui obligent ces derniers à faire remonter les effets indésirables constatés sur leurs patients lors de la prise d’un traitement. L’étude observationnelle serait en quelque sorte une stratégie pro-active du laboratoire pour améliorer son médicament.

Mais en payant des médecins jusqu’à 1 200 euros par patient inclus dans l’étude, l’objectif n’est-il pas aussi de convaincre ces médecins de prescrire ce médicament, plutôt que celui de leur concurrent ? La somme d’argent versée ne viserait qu’à les faire participer activement aux études, affirme Abbvie. Elle se justifierait par le travail qui leur est demandé : assurer jusqu’à quatre visites médicales du patient, et remplir un questionnaire pour récolter les données. Que nous n’avons pas pu consulter.

« Ces études servent à garder un lien avec les médecins »

La rémunération des médecins est un véritable enjeu pour les laboratoires. Certains des praticiens qui participent à des études jugeraient même la somme trop faible pour prendre le temps de remplir les questionnaires. C’est ce que révèlent d’anciens employés du laboratoire pharmaceutique français Ipsen. Ces attachés de recherche clinique ont travaillé pendant plusieurs années sur une étude observationnelle sur le Nutropin, une hormone de croissance commercialisée par le laboratoire. Leur rôle : vérifier les données saisies par les médecins qui reçoivent pour ce travail une rémunération maximum de 150 euros par patient et par an. Mais de nombreux médecins n’auraient pas souhaité remplir les données exigées par le laboratoire.

« Normalement, pour ce genre d’études, il y a un double contrôle, explique Luc, ancien employé d’Ipsen. Le protocole demandait au médecin de remplir les données, et le personnel du laboratoire devait ensuite vérifier que cela était bien fait [7]. Là, les cahiers d’observation étaient souvent vides. C’était donc à nous, personnel du laboratoire, de rentrer ces données à partir des dossiers médicaux des patients. Alors même que nous n’avons pas obligatoirement de formation médicale et que nous pouvons passer à côté de quelque chose d’important ». Sans double contrôle, les données ne seraient pas fiables et certains événements indésirables pourraient être remontés tardivement au laboratoire, affirment les anciens employés. L’hormone de croissance est un traitement placé sous haute-surveillance des autorités, car ses effets indésirables seraient potentiellement graves [8].

Faire connaitre le traitement ?

« L’objectif principal de ces études est la surveillance pharmacovigilance, en récoltant des données des événements indésirables liés ou pas au produit, pour améliorer les traitements et leur sécurité d’utilisation, précise Léa, également ancienne attachée de recherche clinique au sein du laboratoire. La plupart du temps, elles servent simplement à garder un lien avec les médecins, pour qu’ils prescrivent un médicament précis ». Plusieurs concurrents de cette hormone de croissance existent alors sur le marché. Le Nutropin est un nouveau produit commercialisé par le laboratoire qu’il faut réussir à faire connaître, estime l’ancienne employée. Son coût : environ 310 euros pour une injection toutes les semaines, souvent pendant plusieurs années.

D’après nos sources, la hiérarchie et les différents services du laboratoire – qualité, marketing, médical – sont informés du remplissage des cahiers d’observation par les attachés de recherche clinique, à la place des médecins. Avant le début de l’étude, l’un d’entre eux justifie cette pratique « comme un élément essentiel dans le choix de prescription d’une [hormone de croissance] pour la plupart des services », ajoutant que« ce type de support est proposé par la concurrence. Ne pas assister les médecins qui le souhaiteraient nous serait préjudiciable ». Alors que d’autres services sonnent l’alerte sur les dangers de cette absence de contrôle des données, le service marketing insiste sur l’impératif commercial.

« Le travail d’observation n’a aucun impact sur la santé du patient »

Le laboratoire Ipsen nous assure au contraire avoir « toujours eu pour principe le respect du cadre légal et réglementaire des relations avec les professionnels de santé et s’est toujours engagé à un comportement éthique dans ce domaine ». « L’étude dont vous parlez n’est pas une étude clinique, mais une étude observationnelle. Il s’agit donc de saisie informatique pour collecter des données, donc les bonnes pratiques cliniques ne s’appliquent pas, assurent Didier Véron, le directeur de la communication, et Olivier Gattolliat, le directeur médical des opérations France. Il n’est absolument pas obligatoire d’avoir une saisie puis une vérification de cette saisie. On peut avoir une saisie unique du médecin ou d’une personne à qui le médecin a délégué cette responsabilité. Ce dernier garde l’entière responsabilité, quelle que soit la personne qui saisit ces informations ».

Mais le protocole de l’étude sur le Nutropin prévoit bien que ce sont les médecins qui remplissent ces données, et non une personne employée par le laboratoire qui finance l’étude. « Nous avons été informés de ce problème, et nous avons réalisé un audit interne pour voir ce qu’il s’est passé. Suite à cet audit, des décisions ont été prises, en toute transparence avec les autorités de santé. Nous nous sommes assurés de la bonne conformité des procédures de travail, et les mettons à jour régulièrement. Dans le cadre de cette étude observationnelle, le travail d’observation n’a aucun impact sur la santé du patient ». Le laboratoire précise aussi être en contentieux sur les conditions économiques de départ avec ces salariés, et ne pas partager leur analyse.

Qu’en pense l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), contactée par ces anciens employés à partir de 2014 ? L’ANSM a été informée « que le laboratoire Ipsen aurait en effet conduit un audit sur ces études, procédé au remonitorage complet [vérification de la cohérence entre les données source existantes dans le dossier patient, avec les données reportées dans le cahier d’observation afin de s’assurer de l’exactitude des données collectées dans le cadre de l’essai] de celles-ci et à la déclaration des cas de pharmacovigilance pertinents. Il est à noter que ces cas déclarés avec délai ne modifient pas le profil de sécurité des spécialités concernées ». L’ANSM n’a pas vérifié les déclarations du laboratoire, puisqu’elle a estimé que « les faits rapportés par le délateur et la nature des études citées ne motivaient pas le déclenchement d’une inspection de l’ANSM à court terme ». Les méthodes qui auraient été employées par le laboratoire ne poseraient pas de souci dans ce genre d’études, assure l’agence nationale [9].

Que fait l’Ordre des médecins ?

Comment vérifier le véritable objectif de ces études observationnelles ? Une partie de cette mission est déléguée au Conseil national de l’Ordre des médecins. Ce dernier reçoit une copie de tous les contrats et doit vérifier qu’elles ne constituent pas des cadeaux indus, et donc que la rémunération est proportionnée au travail demandé [10].

Un aperçu de ces données est disponible dans un rapport de la Cour des comptes de mars 2016 sur la prévention des conflits d’intérêts en matière d’expertise sanitaire. 17 009 conventions d’honoraires ont été transmises au Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), en 2014, pour un montant global de 78,9 millions d’euros. Ces conventions sont d’abord étudiées par les conseils départementaux de l’Ordre des médecins, avant d’être transmises, parfois, pour avis, au Conseil national. Sur les conventions qui lui ont été transmises, le Cnom aurait donné un avis défavorable dans 41 % des cas en 2014, et 71 % des cas en 2015.

Dans son rapport, la Cour des comptes pointe que ces refus sont justifiés, entre autres, par « le caractère jugé excessif du montant des honoraires par rapport à la charge de travail demandée au médecin ». Quelle est la proportion d’études observationnelles parmi ces conventions d’honoraires ? Quelle est la nature de ces conventions, leurs montants et les laboratoires qui initient les études ? Le Conseil de l’Ordre des médecins n’a pas répondu à nos sollicitations.

Des études exigées par les autorités

Les études observationnelles ne sont pas toutes lancées à l’initiative des laboratoires. Elles sont parfois exigées par les autorités sanitaires, qui estiment qu’il y a des lacunes dans les dossiers d’Autorisation de mise sur le marché. « Au lieu de demander de nouvelles études, avant la mise sur le marché, les agences du médicament approuvent sans attendre, et reportent après la commercialisation une partie de la preuve d’efficacité ou d’innocuité du produit », explique Anne Chailleu, du Formindep.

Le Comité économique des produits de santé (CEPS), qui fixe le prix des médicaments en France, peut aussi demander une étude pour justifier un prix [11]. « Le laboratoire est alors doublement gagnant : il obtient une autorisation au rabais – moins exigeante, moins coûteuse, plus tôt, avec un meilleur prix – et a de surcroît la possibilité de prendre contact et de rémunérer les premiers prescripteurs, avec la bénédiction des autorités ! »

Des prescriptions qui rapportent gros

Faute de transparence, difficile d’identifier l’utilité réelle de ces pratiques et d’éventuels abus des laboratoires. Une partie des études peuvent servir à améliorer un traitement ou à déterminer si un médicament doit toujours être remboursé par la Sécurité sociale, malgré les soupçons d’incitation à prescrire le produit pour lequel les médecins seront rémunérés plutôt qu’un autre. Pour des médicaments, qui, on le voit en Allemagne, ne sont pas toujours classés comme forcément plus efficaces que des produits déjà existants. Mais qui rapportent gros aux laboratoires concernés !

Pourquoi Novartis a-t-il dépensé près de 25 millions d’euros auprès des médecins allemands, entre 2009 et 2014, sur des études intégrant 35 000 patients et portant sur le Lucentis, un traitement contre la dégénérescence maculaire, une maladie de l’oeil [12] ? Peut-être parce que ce médicament qui coûte plus de 740 euros par mois, avec une durée de prescription de plusieurs mois, permet d’engranger d’importants bénéfices. 35 000 patients qui achètent au moins une fois du Lucentis rapporteront 25,9 millions d’euros à Novartis, qui entrent ainsi dans ses frais pour l’ensemble de l’étude.

En Allemagne, en 2014, le Lucentis a été prescrit plus de 111 000 fois, pour un coût global pour les assurances maladies de plus de 130 millions d’euros [13]. En France, le Lucentis représente une dépense de 318 millions d’euros et se place en 4ème place des remboursements de la sécurité sociale en 2014. Sur un autre médicament, l’Entresto, Novartis ne s’en cache pas : sa nouvelle étude observationnelle doit lui servir à booster ses ventes.

Un retour sur investissement financé par la Sécurité sociale ?

Autre exemple : quel est l’intérêt pour un laboratoire de proposer à un hépatologue entre 400 et 1 200 euros pour chaque patient inclus dans des études observationnelles sur le traitement de l’hépatite C ? Ces traitements coûtent jusqu’à 39 000 euros par patient, une somme prise en charge à 100% par la Sécurité sociale française [14]. De façon générale, ces études pourraient servir à habituer les médecins à prescrire ces médicaments plutôt que d’autres, et aider ainsi à assurer une partie des bénéfices des laboratoires. Ni Novartis, à propos de ses études sur le Lucentis, ni le laboratoire Gilead, qui produit des médicaments contre l’hépatite C, n’ont répondu à nos questions.

A première vue, en pratiquant ces études observationnelles, les laboratoires pharmaceutiques dépensent des millions d’euros. Mais le retour sur investissement est lui-aussi bien réel ! Le coût des études est-il répercuté sur le prix des médicaments, remboursés par la Sécurité sociale ? Quoi qu’il en soit, c’est au final l’assurance maladie qui assure les bénéfices des laboratoires. Alors même que les patients ont fortement été mis à contribution pour en résorber le fameux « trou », notamment à travers une diminution des remboursements de certains médicaments, touchant souvent les malades les plus précaires.

Quels risques sanitaires ?

L’enjeu de ces pratiques est enfin sanitaire. Les études proposées par les laboratoires peuvent servir à prolonger les prescriptions de médicaments dont l’efficacité est parfois faible, si ce n’est nulle. Quand le médicament n’est pas tout simplement dangereux. C’est ce qu’ont montré des scientifiques étasuniens dans un article publié en 2008, à propos du laboratoire Merck et de son médicament le Vioxx, un anti-inflammatoire utilisé contre l’arthrite. Officiellement, l’étude visait à mesurer la sûreté gastro-intestinale de ce médicament par rapport à son concurrent, le Naproxen. Dans la pratique, des documents révélés lors d’un procès, et analysés par les scientifiques, montraient comment l’étude était avant tout un outil de « marketing présenté comme de la science ».

Au début des années 2000, sous l’effet des nombreuses techniques de marketing, les ventes de Vioxx ont explosé : elles rapportent plus de deux milliards de dollars, chaque année, à Merck. Mais en 2004, un scandale sanitaire explose. Il apparaît que la prise du Vioxx augmente les risques d’infarctus du myocarde. Rien qu’aux États-Unis, plus de 30 000 personnes sont décédées, après la prise du médicament, sur 20 millions d’utilisateurs. « Le laboratoire a versé 4,85 milliards de dollars d’indemnisation sans reconnaître aucune faute, alors qu’il était au courant dès le début des effets secondaires du médicament », s’insurgent l’euro-député Michèle Rivasi, le pharmacien Serge Rader, et la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy dans l’ouvrage Le racket des laboratoires pharmaceutiques, et comment en sortir [15]. Pourtant, les autorités sanitaires étasuniennes n’ont pas été en mesure de prévenir ce scandale.

L’étude observationnelle lancée par Merck au début de la commercialisation du Vioxx, en 1999, a donc permis de développer la prescription d’un médicament présentant des risques vitaux pour les patients. « Les objectifs premiers de ces essais destinés à vendre (« seeding trials ») sont dissimulés au public, à la profession médicale et aux membres des instances institutionnelles de contrôle, écrivent les chercheurs dans leur article, ce qui les empêche de prendre une décision pleinement informée sur la balance des bénéfices et des risques pour eux et pour la société. » À l’image de l’Allemagne, les autorités sanitaires françaises se décideront-elles enfin à imposer la transparence et une régulation efficace de ces études observationnelles ?

Notes:

[1] Les journalistes de Correctiv ont obtenu ces données, qui concernent la période 2009-2014, de la caisse d’assurance maladie allemande qui gère les rémunérations des médecins conventionnés (Kassenärztliche Vereinigung). Font partie de ces données les informations sur les médicaments étudiés, leur date de mise en vente, le nombre de patients observés et le montant des honoraires versés aux médecins par patient. Voir ici.

[2] Voir ici les données concernant Servier.

[3] Ivabradine : précautions renforcées chez les coronariens en raison des risques cardiaques. Revue Prescrire, Juin 2015.

[4] Voir les données ici.

[5] Voir ici. Voir les données pour Roche, ici.

[6] Copaxone, Azilect, Myocet, Tevagrastim, Eoporatio

[7] Le médecin a la responsabilité de remplir ces données. Il peut cependant le déléguer à un co-investigateur de son hôpital (un autre médecin, une infirmière, un attaché de recherche clinique hospitalière). Mais ce travail ne doit pas être assuré par le laboratoire lui-même.

[8] Lire le document de l’ANSM.

[9] L’Agence européenne du médicament évalue actuellement l’étude observationnelle européenne sur le Nutropin, à laquelle fait partie l’étude du laboratoire Ipsen.

[10] Les études observationnelles doivent aussi être déclarées au Comité consultatif sur le traitement de l’information en matière de recherche dans le domaine de la santé (CCTIRS) et à la Commission nationale informatique et liberté (Cnil, en charge de la protection des données personnelles). Mais elles ne font pas l’objet d’une déclaration à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), « puisqu’elles ne sont pas interventionnelles », c’est-à-dire qu’elles n’impliquent pas d’expériences, nous répond le service de presse de l’ANSM.

[11] Comme cette étude, par exemple.

[12] Voir les données ici.

[13] Source : Arzneiverordnungs-Report 2015 : Aktuelle Zahlen, Kosten, Trends und Kommentare, p 176.

[14] En 2014, le Sovaldi, commercialisé par le laboratoire Gilead, a coûté 650 millions d’euros à l’assurance maladie. Son prix, qui varie très fortement d’un pays à un autre, fait l’objet de fortes controverses. Lire ici et là.

[15] Michèle Rivasi, Serge Rader, Marie-Odile Bertella-Geffroy, Le racket des laboratoires pharmaceutiques, et comment en sortir, Éditions Les petits matins, 2015.


- Source : Basta !
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Une pénurie organisée de traitement contre le cancer en Italie a fait bondir les prix jusqu’à 1 500%

Auteur : Sarantis Michalopoulos | Editeur : Walt | Mercredi, 19 Oct. 2016 - 17h27
 
 
 

Une pénurie organisée de traitement contre le cancer en Italie a fait bondir les prix jusqu’à 1500%, relançant le débat sur la tarification des médicaments en Europe.

Le 14 octobre, l’autorité italienne de la concurrence (AGCM) a condamné l’entreprise pharmaceutique Aspen Pharma à une amende de 5 millions d’euros pour avoir fait du « chantage » à l’agence des médicaments italienne, l’AIFA.

Aspen aurait notamment menacé de cesser de livrer des traitements contre le cancer, particulièrement ceux utilisés pour les enfants et personnes âgées, si l’agence n’augmentait pas les prix des médicaments.

Des augmentations jusqu’à 1 500 %

Dans sa déclaration, l’agence italienne des médicaments souligne que l’entreprise est la seule à produire ce type de traitement, et a donc abusé de sa position sur le marché. Elle dénonce aussi des « prix fixes injustifiés » présentant des augmentations incroyables, jusqu’à 1 500 %, punis par l’amende.

Les procédures ont été lancées l’an dernier par Altroconsumo, le membre italien du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), après des plaintes liées à des pénuries de certains traitements.

Aspen avait acheté les traitements oncologiques en question à la firme GlaxoSmithKline. Son brevet ayant expiré il y a dix ans, l’augmentation des prix a soulevé des inquiétudes. L’entreprise a donc lancé des négociations agressives avec l’AIFA et a fini par menacer d’interrompre la livraison de médicaments sur le marché italien. Les traitements anticancers ont disparu, avant de réapparaitre 15 fois plus chers qu’avant.

Ilaria Passarani, qui dirige le département Alimentation et santé du BEUC, s’est déclarée consternée par ces pratiques pernicieuses qui placent le profit avant tout, et notamment la santé et la vie des patients. « Cinq traitements vitaux contre le cancer ont été retirés du marché, avant d’être réintroduits à des prix impossibles. L’impact de cette manœuvre sur les consommateurs n’est pas seulement grave, mais également injustifié », estime-t-elle, regrettant que les pénuries soient devenues courantes en Europe.

« S’agit-il s’un problème d’approvisionnement ou d’une stratégie commerciale délétère ? Dans le premier cas, c’est déplorable et le problème doit être résolu. Dans le second cas, c’est tout à fait évitable et il faut punir les responsables », s’indigne-t-elle.

Ilaria Passarani exhorte également la Commission européenne à enquêter sur ce type de stratégies non éthiques dans d’autres pays, suite aux conclusions du Conseil des ministres de la Santé en juin.

Les institutions s’alarment

Quand l’accès des patients à des médicaments essentiels efficaces et accessibles est mis en danger par des « prix très hauts et intenables, le retrait du marché de produits sans brevets ou la non-entrée sur le marché national de certains produits pour des causes de stratégie économique des entreprises et que le gouvernement n’a parfois qu’une influence limitée sur la situation », cela constitue une défaillance du marché, ont estimé les ministres de la Santé au mois de juin.

Ils appellent donc les États membres à coopérer afin de créer un meilleur accès aux traitements.

Lors d’une interview avec EurActiv, Petar Moskov, le ministre bulgare à la Santé, a déclaré que la Bulgarie et la Roumanie comptaient sur une coopération régionale pour négocier ensemble le prix et la disponibilité de certains médicaments.

Le Parlement européen s’est également inquiété de l’accès au médicament et de la tarification pratiquée par l’industrie pharmaceutique. L’eurodéputée espagnole Soledad Cabezón Ruiz (S&D), auteure du rapport sur l’accès aux médicaments, a exigé la mise en place de mesures pour le marché pharmaceutique à l’échelle européenne, afin d’obtenir des prix équitables pour les médicaments.

Pouvoirs de la Commission

La Commission européenne est chargée des questions de concurrence des produits médicaux sur le marché européen, mais la question du remboursement des médicaments relève de la compétence exclusive des États membres.

Yannis Natsis, de l’Alliance européenne pour la santé publique, a récemment accusé l’exécutif européen de ne pas en faire assez.  « La Commission n’a peut-être pas de compétence exclusive sur la santé, mais elle a beaucoup de pouvoirs en ce qui concerne la réglementation liée aux produits pharmaceutiques, via l’Agence européenne des médicaments », souligne-t-il.


- Source : EurActiv
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

L’hallucinante clause du TTIP interdisant de porter plainte contre les USA… mais pas contre tous les autres pays !

Auteur : Charles Sannat | Editeur : Walt | Samedi, 15 Oct. 2016 - 15h10
 
 

La guerre économique que nous livrent les États-Unis est sans merci et d’une violence inouïe.

Nos élites corrompues et massivement achetées par les 32 000 lobbyistes encartés et déclarés à Bruxelles ont depuis bien longtemps abdiqué la défense des intérêts des peuples européens.

On nous impose des traités iniques et totalement déséquilibrés.

Nos dirigeants sont prêts à signer tout et n’importe quoi pour conserver leur plaçou de mamamouchi.

La chancelière allemande Angela Merkel a laissé récemment entendre que les critiques du Traité de libre-échange transatlantique (TTIP) étaient liées à l’antiaméricanisme et que s’il s’était agi d’un accord avec la Russie, les hommes d’affaires n’auraient pas été aussi critiques.

Or, des analystes ne partagent pas son avis. Ceux qui critiquent le TTIP se voient accusés d’antiaméricanisme.

Toutefois, cette approche est erronée et les auteurs des critiques veulent uniquement attirer l’attention sur les risques liés à ce traité, a déclaré dans un entretien à Sputnik Folker Hellmeyer, analyste en chef de la banque allemande Bremer Landesbank. « Je ne partage pas le point de vue de Mme Merkel. La critique découle de la perception de risques potentiels liés à cet accord », a expliqué l’expert.

Et de préciser que, premièrement, en vertu de cet accord, on ne pouvait pas porter plainte contre les États-Unis devant les tribunaux internationaux, que ce soit la Cour Pénale Internationale (CPI) ou le Tribunal international du droit de la mer. Ceci étant dit, l’accord autorise à porter plainte contre les autres pays, y compris l’Allemagne.

« Si vous signez un accord irréversible, ceci crée un risque de subordination. Pour communiquer avec un partenaire sur un pied d’égalité, le contrat doit être réversible », a précisé l’expert. Les tribunaux d’arbitrage entre les États avec un système judiciaire efficace ne répondent pas aux normes modernes.

La démocratie impose la primauté du droit à l’égard de tous les participants. Le TTIP ne satisfait pas cette exigence. Si vous établissez un tribunal spécial dans lequel le tribunal décide lui-même qui sera le juge, le procureur et l’avocat, ceci est contraire à l’état de droit, ce qui est inacceptable.

Le deuxième problème réside dans les appels d’offres étatiques. Le TTIP accorde le droit aux États-Unis de participer aux appels d’offres en Europe, alors que les Européens ne bénéficient pas d’un droit similaire aux États-Unis. Ceci crée une zone non accessible. Je suis pour le libre-échange, mais sous une forme différente », a-t-il souligné.

D’ailleurs, le risque persiste que les accords de commerce deviennent un instrument géopolitique : « Prenons l’Accord de partenariat transpacifique.

Il exclut la Russie et la Chine bien que ce soient des acteurs majeurs », a indiqué M. Hellmeyer. Or, selon lui, la signature du TTIP peut donner lieu à l’émergence de fronts d’affrontement global, ce qui n’est pas bon pour l’Allemagne : « Nous vivons de notre rôle de modérateur dans l’économie et la politique internationale, et parallèlement nous faisons du bon business.

Et je vois des risques liés au TTIP ». « Il serait bon que les États-Unis se plient à la juridiction internationale », a-t-il fait remarquer. Les prétentions de Washington vis-à-vis des autres pays sont révolues compte tenu de leur part de 16-17 % dans l’économie mondiale.

D’après Folker Hellmeyer, l’attitude des autorités US vis-à-vis à des acteurs européens, que ce soit Volkswagen ou Deutsche Bank, revêt un caractère de guerre économique. « Nous constatons que des compagnies européennes subissent un traitement différent de celles de l’axe Washington-New York-Londres », a conclu l’expert.


- Source : Insolentiae
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Les Haïtiens appellent à ne pas donner d’argent à la Croix-Rouge US

Auteur : Sputnik (Russie) | Editeur : Walt | Mercredi, 12 Oct. 2016 - 02h23
 
 
 

Une enquête accuse l'organisation de bienfaisance de ne pas remplir ses engagements et d'enjoliver systématiquement les résultats de son activité. Des habitants et des ONG d'Haïti, où le nombre de personnes tuées par l'ouragan Matthew a dépassé la barre des 1 000, appellent à ne pas donner d'argent à la Croix-Rouge américaine. Bien qu'au moins 350 000 personnes aient besoin d'aide après cet ouragan dévastateur, les victimes de la tempête prient de ne pas virer les dons sur les comptes de cette organisation, informe The Independent. 

« Dans les jours qui viennent, beaucoup d'entre vous vont m'écrire et me demander comment vous pouvez aider Haïti, a écrit une femme sur Twitter après l'ouragan. Ne donnez pas d'argent à la Croix-Rouge américaine ». Cette méfiance s'explique par une enquête menée par la radio NPR (principal réseau de radiodiffusion non commercial et de service public des États-Unis). Ses auteurs affirment que la Croix-Rouge américaine, après avoir collecté près d'un demi-milliard de dollars pour l'élimination des conséquences du tremblement de terre survenu en 2010, n'a construit que six maisons au lieu de 700 en Haïti. La NPR accuse également l'organisation d'enjoliver systématiquement les résultats de son activité. 

Suite au séisme de 2010, près de 11 milliards de dollars ont été donnés aux habitants d'Haïti, mais sept ans plus tard, cet argent n'est toujours pas arrivé à ses destinataires à cause d'une mauvaise répartition des moyens. Selon l'Unicef, près de 55 000 personnes continuent à vivre dans des tentes. 

Rien que dans la province de Grand Anse, l'ouragan Matthew a détruit plus de 66 000 maisons. De nouveaux foyers de choléra ont également été enregistrés, la maladie ayant emporté la vie de 10 000 personnes depuis 2010. 

Un deuil de trois jours a été décrété dans le pays en mémoire des victimes de l'ouragan.


- Source : Sputnik (Russie)
--------------------------------------------------------------------------------------------------------

Mises au point techniques sur l’économie

Auteur : Valérie Bugault | Editeur : Walt | Lundi, 03 Oct. 2016 - 08h33
 
 
 

Le rôle des «économistes» : gardiens du temple financier

Cela fait déjà un moment que j’ai remarqué le petit jeu d’économistes ou de financiers, tous formés à l’école de «l’économie», qui alertent publiquement, car les médias leurs sont souvent grands ouverts, le commun des mortels sur les dangers de la continuation telle quelle du mouvement économique global. Et puis tout à coup, on nous dévoile qu’une monnaie mondiale est en préparation, appelée DTS, formellement encore une simple «unité de compte»… Quelques «économistes-financiers» arrivent pour clamer la bonne nouvelle. La vérité, pour ceux qui ont compris le rôle des élites financières cachées à la City, Wall Street n’étant qu’une émanation de la première, est extrêmement simple à comprendre.

Les économistes (Olivier Delamarche, Charles Sannat, Olivier Berruyer, mais beaucoup d’autres encore) plus ou moins consciemment – car beaucoup sont littéralement empêchés de raisonner par les dogmes infligés lors de leur «formation» qui s’apparente plutôt à un «formatage» – sont là pour ameuter, inquiéter un public médusé par son ignorance des causes et des effets d’un système duquel ils ont été soigneusement gardés à bonne distance. Les «économistes» de bonne volonté, qui sont au courant des mécanismes en jeu, décrivent ces derniers pour expliquer à tout le monde que l’on va dans le mur, pas d’échappatoire possible.

Ainsi, monte, inexorablement, dans le public ignorant, la vague de l’angoisse, de la peur, de tout perdre, laquelle vague est soigneusement alimentée par la montée du chômage de masse ; chômage découlant lui-même de l’organisation au niveau mondial de la liberté de circulation des capitaux (mais CHUT, il ne faut surtout pas le dire !). Tout comme les prétendus problèmes financiers du monde ont été créés de toute pièce par la centralisation des questions monétaires entre les mains de banques centrales indépendantes – du pouvoir politique mais pas du pouvoir financier – et par le choix délibéré de la dérégulation financière. Là encore, silence radio total, personne ne doit pouvoir faire ces liens intéressants entre tous…

Les médias de masse, aucun n’étant indépendant au sens financier du terme, relaient très consciencieusement cette inquiétude afin de bien faire monter la température du bouillon dans lequel la grenouille collective est plongée. Et puis tout à coup, on commence timidement à entrevoir que l’élite financière a une solution à nous proposer. Cette solution est présentée comme une alternative, la seule alternative possible, à l’effondrement généralisé de la finance mondiale qui aurait pour conséquence de faire basculer l’intégralité de la civilisation à l’ère d’un Mad Max planétaire (étant entendu que les esprits sont parfaitement conditionnés, depuis plusieurs décennies, par les films américains, à une débâcle généralisée de la civilisation).

Cette solution est apportée, à pas de velours, par certains économistes financiers très au fait des «tractations internationales» et surtout du problème collectif telque ci-dessus décrit. Nous pouvons donner l’exemple de JC Collins, qui est un cas d’école.

Ainsi, se fait jour dans un public soulagé, l’idée selon laquelle nous pourrions collectivement échapper au grand reset financier. Il suffisait d’y penser…

Et la solution vient du FMI, un organe financier international créé par les accords de Bretton Woods dans l’objectif de mettre en œuvre l’ordre financiarisé, c’est-à-dire la domination des élites financières au niveau mondial, auquel nous sommes arrivés. Mais il y a plus, le FMI seul ne suffit pas à la tâche, il a besoin de l’aide de la banque des règlements internationaux (BRI en français, BIS en anglais) comme soutien de son projet. Comme je l’ai déjà expliqué dans ma série de décryptage du système économique global, la BRI, créée en 1930, est la première institution financière du monde à avoir obtenu, sans qu’aucun État n’y voit à redire, le statut juridique d’un État, à la réserve près que cette banque ne supporte en aucune façon la charge collective d’avoir à organiser les relations sociales ; non, cet État nouvelle norme ne répond qu’à une unique préoccupation :  mettre en œuvre les intérêts bancaires supérieurs. Cela devrait évoquer à chacun d’autres modèles d’État dans l’État, souverains dans la gestion des intérêts financiers de leurs membres, j’ai cité la City, le Vatican ainsi que tous les États-paradis fiscaux du monde. Mais non, là encore, il ne faut surtout pas que qui que ce soit fasse ce genre de relation de cause à effet. Les États ne doivent pas savoir qu’ils sont d’ores et déjà instrumentalisés, jusque dans leur légitimité juridique et surtout politique.

Ainsi, des organismes – FMI, BRI – traditionnellement grands pourvoyeurs de bien communse réunissent pour sortir le monde de la catastrophe bruyamment annoncée. Ils vont engendrer un panier de monnaie, qui sera une unité de mesure, permettant de sortir les échanges internationaux de la suprématie du désormais uniformément détesté dollar américain.

Ce qui devrait faire réfléchir le commun des mortels est évidemment que les intérêts qui avaient propulsé le dollar comme monnaie d’échange internationale en remplacement de la livre sterling sont précisément les mêmes que ceux qui nous proposent aujourd’hui les droits de tirages spéciaux (DTS). Cela ne demande qu’un tout petit effort de compréhension des mécanismes en cause et surtout des personnes et de leurs intérêts financiers bien réels qui se cachent derrière les institutions financières nationales et internationales. Cet effort, hors de portée des «économistes» est en revanche à la portée de n’importe quel juriste qui se donnerait un tant soit peu la peine d’analyser sérieusement les institutions dans lesquelles on vit. C’est justement ce que j’ai fait.

La réalité intentionnellement cachée derrière les DTS

Les élites financières sont en train de concocter une nouvelle avancée dans leur ordre mondial proclamé Nouvel Ordre Mondial. Il s’agit, et les institutions de l’Union européenne auront été à cet égard un «galop d’essai» grandeur nature, de créer une crypto-monnaie mondiale, que le magasine The Economist a appelé dès 1987, le Phénix, en lui prédisant une entrée en jeu dès avant 2018. La suite logique sera l’avènement d’institutions politiques mondiales, de type fédéraliste, et là encore, les institutions européennes auront été un «galop d’essai» grandeur nature, avec à la clef une réduction drastique de la population mondiale, ici encore annoncée à grand fracas.

Mais pourquoi, me direz-vous, pourquoi tant de haine à l’égard des humains qui, finalement, n’ont eu de tort que de laisser s’enrichir au-delà de toute espérance cette race de rapaces, prédateurs, apatrides que sont les financiers internationaux ?

La réponse est simple, elle se trouve ici ; elle se trouve dans le phénomène parfaitement expliqué par ce brillant sujet qu’est Mikhail Khazine. Depuis la révolution industrielle et les découvertes juridiques et sociales faites notamment (mais pas seulement) par Karl Marx, le monde entier ne tourne conceptuellement qu’autour d’un unique sujet de préoccupation : le gain de parts de marché, gain impossible à réaliser à terme. Dès lors, deux modèles ont, au cours du XXesiècle, vu le jour : un modèle d’économie fermée, mis en œuvre par l’Union soviétique, et un modèle d’économie ouverte mis en œuvre par l’Occident, qui prospère aujourd’hui au-delà de toute espérance de ses promoteurs.

Malheureusement, aucun de ces deux modèles n’est viable sur le moyen, et encore moins sur le long terme.

Mais aucun des cerveaux en charge de l’organisation des relations collectives, c’est-à-dire aucun homme politique et aucun conseiller, enfermés qu’ils sont dans leur prison conceptuelle, n’a la capacité cognitive de distinguer la troisième voie de développement humain. Cette troisième voie est pourtant évidente à n’importe qui doté d’un minimum de jugeote et de capacité cognitive et conceptuelle.

La troisième voie de développement, la seule qui soit viable sur du long terme

Cette voie de développement, ni communiste ni ultra-libérale, fait appel à la conscience humaine, à l’instinct de chaque être humain qui, sans réfléchir outre mesure, sait que s’il fait mal à son voisin au petit déjeuner, il s’expose à recevoir la même ration au dîner : l’épée de Damoclès évite à elle seule toutes les dérives comportementales. Seules des élites depuis trop longtemps à l’abri de tout voisinage sont hors de capacité de comprendre ce phénomène pourtant d’une grande simplicité qui peut se décrire comme«l’instinct de survie en groupe».

Une fois que l’on a compris cela, et que l’on a perçu comment fonctionne le monde actuel, la troisième voie de développement apparaît de façon naturelle et lumineuse, ou plutôt elle s’impose. Je vais vous la décrire dans les très grandes lignes.

Cette voie consiste à ce que la population de chaque pays, tous secteurs d’activité ou de non-activité confondus (secteurs marchands et non marchands) reprenne aux banquiers le contrôle de la monnaie que ces derniers leur ont volé. La monnaie doit être diffusée gratuitement en nombre suffisant pour couvrir les besoins humains raisonnables, que ce soit en termes de survie (se nourrir, se loger, se soigner, s’instruire etc.) ou en termes d’imagination, de créativité et de développement économique. Il serait ici superfétatoire de rappeler le nombre d’inventions qui ont été saboté par l’ordre établi afin que ces dernières n’arrivent jamais aux yeux et aux oreilles du grand public. Ces inventions avaient, dans leur grande majorité, pour intérêt, bien commun celui-là, de réduire la dépendance civilisationnelle aux hydrocarbures par nature en présence limité sur cette terre ; et, par voie de conséquence, de réduire la dépendance de la population aux quelques tenanciers financiers du modèle de développement économique en vigueur.

Doivent être organisé des comités civiques chargés de réguler, dans chaque pays, la masse monétaire en circulation. J’insiste lourdement sur le fait que cette masse monétaire ne doit pas brider les idées quelquefois géniales que nombre de gens ingénieux et créatifs peuvent avoir pour sortir le monde de la dépendance oligarchique aux hydrocarbures et autres matières finies. Cela ne se fera pas en un mois, mais les«hommes politiques» doivent faire confiance à leur population… Les institutions économiques et financières mondiales doivent être dénoncées, sans aucune exception, et supprimées. Les échanges internationaux se feront simplement en mettant en œuvre la théorie de la monnaie structurale qui est une technique permettant la mise en œuvre des échanges internationaux par la voie de la régulation des monnaies libérées du joug bancaire. Cette théorie a été développée par un banquier de formation comptable, non apatride de cœur et d’esprit.

Les États doivent reprendre le contrôle politique de la manière de faire du commerce international en bannissant définitivement les modèles de l’OCDE et de l’OMC qui ne sont là que pour une seule chose : affirmer et confirmer la prééminence des multinationales sur les États.

La possibilité juridique de l’anonymat des capitaux doit être définitivement et mondialement éradiquée car elle ne sert qu’un seul maître : les détenteurs du pouvoir économique et financier. Cette possibilité a, à elle seule, permis le déploiement mondial d’une élite apatride qui s’est hissée, de siècle en siècle, via l’amoncellement de personnalités morales fictives permettant le plus complet anonymat et la plus complète opacité, au rang des États. J’ai personnellement développé une théorie juridique de l’entreprise permettant de pourvoir à l’objectif de rendre au «fait politique» le contrôle effectif du «fait économique».

Chacun doit absolument comprendre que le concept d’«État» fait aujourd’hui, en raison de l’ordre économique et financier en vigueur, l’objet d’un abus de droit, abus de langage, le tout révélant un abus moral et politique (l’accaparement élevé au rang légal et internationalement accepté) incompatible avec le concept même de civilisation.

 

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Escroquerie bancaire : après la Wells Fargo, voici la Bank of America

Auteur : Pierre Jovanovic | Editeur : Walt | Samedi, 01 Oct. 2016 - 19h44
 
 

On n'a plus une semaine sans une grande arnaque des banques. Cette fois c'est la Bank of America qui a été épinglée par le gendarme de Wall Street pour avoir volontairement déclenché des mini-crashes via ses ordinateurs ultras rapides qui achètent et vendent des millions d'actions en une seconde. Pas moins de 15 crashes ont été organisés en 2012, 2013 et 2014 afin de jouer dessus via sa filiale Meryll Lynch... La SEC a collé une amende de juste 12 millions de dollars, pas grand-chose pour une activité criminelle. 

Si vous savez à l'avance que tel jour il y aura un crash sur telle ou telle action, vous pouvez gagner des millions sans ciller. Magnifique. Ce sont juste les petits porteurs et les fonds de retraite qui sont dépouillés... La vie est belle pour les banquiers.

Lire ici le très officiel Bloomberg.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Que veut vraiment l’Inde, membre du BRICS ?

Auteur : Pepe Escobar | Editeur : Walt | Samedi, 24 Sept. 2016 - 13h51
 
 
 

Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de LEMOA. En jargon global du Sud, LEMOA – Logistics Exchange Memorandum Agreement [Accord sur les échanges logistiques] – est vraiment une grande affaire, signée à la fin août par le ministre indien de la Défense Mohan Parrikar et le capo du Pentagone Ash Carter.

Comme Carter l’a embobiné quatre mois avant la signature, LEMOA stipule que les forces américaines «peuvent» être déployées en Inde dans des circonstances particulières. Essentiellement, Delhi permettra à Washington de faire le plein, de garder des contingents et du matériel dans des bases indiennes, mais seulement en cas de guerre.

En théorie, l’Inde ne propose pas aux États-Unis de base militaire permanente. Pourtant, compte tenu du palmarès passé du Pentagone, cela peut évidemment changer en un éclair.

Pas étonnant que les nationalistes indiens soient outrés – insistant sur le fait qu’il n’y a aucun gain stratégique dans ce gambit, en particulier pour une nation qui est très fière d’être l’une des fondatrices du Mouvement des non-alignés (NAM).

Les mamours avec le Pentagone arrivent seulement quelques mois après que le Premier ministre Narendra Modi – qui avait refusé un visa américain pendant près d’une décennie – s’est exprimé dans une réunion conjointe du Congrès, déclarant dans une glorieuse envolée que l’Inde et les États-Unis sont «des alliés naturels» et appelant à un partenariat plus étroit.

Modi y est allé plein pot, se référant même à l’influence de Gandhi sur la stratégie de désobéissance civile non violente du révérend Martin Luther King – quelque chose qui ne pouvait que lui gagner une ovation debout sur la colline du Capitole.

Le partenariat «plus proche» porte sur des questions militaires et nucléaires. Comme Modi l’a rappelé au Congrès – qui avait besoin d’une piqûre de rappel – le montant des armes vendues par le complexe militaro-industriel US à l’Inde est «passé de presque zéro à $10 milliards en moins d’une décennie».

Ensuite, il y a l’accord de coopération nucléaire entre les États-Unis et l’Inde, qui ouvre une fenêtre aux sociétés américaines pour construire et fournir les réacteurs nucléaires indiens. Et finalement, Washington est disposé à partager «certaines» – le concept opératoire est le mot «certaines» – technologies militaires avec Delhi.

Géopolitiquement, tout cela se rapporte à ce qui est arrivé récemment dans la mer des Philippines, lorsque les États-Unis, le Japon et l’Inde ont effectué des manœuvres militaires de guerre anti sous-marines et de défense aérienne, la preuve d’une mise en pratique du «pivot vers l’Asie», comme dans le re-peaufinage de l’ordre naval sécuritaire en Asie pour contrer – qui d’autre ? – la Chine.

Modi et le yoga géopolitique

Pourtant, les choses ne sont pas aussi manichéennes – du point de vue indien. Ce n’est pas un secret que des secteurs clés de la diaspora indienne aux États-Unis sont tout à fait intégrés au consensus de Washington et aux mécanismes d’hégémonie des suspects habituels tels que le Conseil des relations étrangères et la Rand Corporation. Mais le jeu de Modi est beaucoup plus sophistiqué.

La priorité de Modi est d’installer l’Inde en tant que puissance sud-asiatique principale. Donc il ne peut pas se permettre de contrarier Washington. Au contraire, il embarque les États-Unis à bord dans sa très ambitieuse stratégie Make in India : «Une initiative nationale d’envergure visant à faciliter l’investissement, favoriser l’innovation, améliorer le développement des compétences, protéger la propriété intellectuelle et construire les meilleures infrastructure manufacturières du moment».

Naturellement, les sociétés américaines – lourdes supportrices du Traité Trans-Pacifique, le TPP – salivent devant les perspectives lucratives. Le chemin est similaire à celui suivi par la Chine depuis des décennies, mais maintenant avec l’accent sur la «protection de la propriété intellectuelle» pour attirer la foule des obsédés du TPP.

Un autre objectif géopolitique de Modi est de présenter avec force l’Inde – et non le Pakistan – à Washington comme le partenaire idéal, fiable et rationnel, en Asie du Sud. C’est risqué, parce que, pour le Pentagone, les multiples déclinaisons de la guerre contre la terreur en AfPak sont, de facto, configurées comme quelque chose d’éternel ressemblant à l’opération Enduring Freedom.

Et puis il y a encore une fois l’angle militaire : l’Inde, en diversifiant ses fournisseurs d’armes – la plupart du temps, elle achète à la Russie – vers les États-Unis, mais pas beaucoup, rétablit un juste équilibre.

C’est un équilibre entre les États-Unis et le BRICS, ce dernier en lui-même est la noix la plus difficile à casser. Comme Pékin l’admet en termes non équivoques, «La coopération du BRICS fait face à un risque de régression, plutôt que de progression, en raison de nouvelles circonstances complexes.»

C’est un euphémisme diplomatique d’anthologie. Ceci durera tant que Washington voudra par tous les moyens contenir la Chine derrière la première chaîne des îles de la mer de Chine du Sud alors qu’il n’y a pas grand chose que Delhi puisse faire pour empêcher le Myanmar d’ouvrir à Pékin un accès total à l’océan Indien via le Pipelineistan, les ports et les trains à grande vitesse.

Découvrez le corridor INSTC

Au prochain sommet du BRICS à Goa, le mois prochain, certaines de ces subtilités géopolitiques seront discutées tranquillement derrière des portes closes. Le BRICS peut être en désarroi, avec le Brésil en changement de régime, la Russie sous les sanctions et l’Inde flirtant avec les États-Unis. Mais le BRICS reste engagé dans des développements institutionnels sérieux, tels que la Nouvelle banque de développement (NDB), la poussée pour commercer dans leurs propres devises et plusieurs volets politico-économiques axés vers un monde multipolaire.

Ce mouvement en cours est illustré par une affaire importante – non diffusée –, l’intégration eurasienne par la symbiose entre l’Inde et l’Iran. Delhi compte sur Téhéran pour renforcer son jeu dans une économie propulsée par le gaz naturel, et pour profiter, à long terme, de la parfaite porte d’embarquement persane vers les marchés d’Asie centrale.

La plaque tournante est bien sûr le port de Chabahar. Le point culminant d’une visite de Modi à Téhéran, il y a quatre mois, a été le contrat signé entre l’Indien Ports Global Private Limited et l’Iranien Arya Banader. Il s’agit du «développement et de l’exploitation pendant dix ans de deux terminaux et cinq postes d’amarrage pour la manutention du fret».

Il y a beaucoup plus : le développement de zones économiques spéciales (ZES) et des liaisons route-rail essentielles de l’Iran vers l’Afghanistan et l’Asie centrale. L’Inde aura alors un accès direct à l’Afghanistan, en contournant le Pakistan. Cela ne choque pas car Delhi et Kaboul sont déjà des partenaires stratégiques.

Chabahar est à seulement 500 km à l’est du détroit ultra-stratégique d’Ormuz.

Dans un proche avenir, nous pourrions aussi bien voir une configuration dans laquelle la marine indienne aura le droit d’utiliser Chabahar tandis que la marine chinoise pourra mouiller à Gwadar, au Pakistan, à seulement 150 km par la mer à l’est de Chabahar. Toutes choses que les dialogues du BRICS – ou de l’Organisation de coopération de Shanghai (SCO) – peuvent garder sur un rythme de navigation en douceur.

Pour l’Iran, c’est un jeu certifié gagnant-gagnant. Non seulement l’Iran sera connecté à l’une des Routes de la soie – One Road (OBOR) – mais il consolidera aussi un autre corridor de transport en Eurasie, International North-South Transportation Corridor (INSTC) entre l’océan Indien et l’Asie centrale. Les membres principaux de ce corridor sont l’Iran, l’Inde et la Russie… Remarquez, encore une fois, l’interpénétration des BRICS et de l’OCS.

Le Grand Schéma dans la planification à long terme de Modi ne montre pas Delhi soumis au rôle de vassal flagrant de Washington. L’Inde a besoin de stabilité garantie avec tous les acteurs importants – des États-Unis à la Chine, étant donné que le plan directeur est d’amener 1,3 milliards d’Indiens près du niveau de vie de la classe moyenne chinoise.

La Chine a pris la tête. L’Inde a jusqu’à 2050 pour la rattraper. Pendant ce temps, il n’est pas dans l’intérêt de l’Inde de rejoindre activement la politique de confinement ou d’encerclement de la Chine par les États-Unis, que ce soit «pivot» ou «rééquilibrage». Il est plus probable que l’Inde, à la façon de Gandhi, pratiquera l’art de la non-violence, la neutralité énergique.

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Les algorithmes, les nouveaux censeurs des réseaux sociaux

Auteur : Valentin Pasquier | Editeur : Walt | Lundi, 19 Sept. 2016 - 09h24
 
 

Comment gérer des millions de publications quotidiennes sur les réseaux sociaux ? Si Facebook et consorts font appel à des armées de modérateurs, ils automatisent aussi de plus en plus le processus grâce à des algorithmes.

« Sujets dont la suppression doit être confirmée : (…) présence de parties intimes, incluant les tétons féminins et les raies des fesses. Les tétons masculins sont OK. (…) Les têtes ou membres écrasés sont OK, seulement si l’on n’en voit pas l’intérieur » Inscrites dans un manuel dévoilé en 2012 par le site Gawker, ces consignes de Facebook présentaient ce que le réseau social souhaitait montrer ou cacher à ses utilisateurs à l'époque – elles ont pu évoluer depuis. Un livret à destination des quelques milliers de modérateurs qui, à travers le monde (et via des entreprises sous-traitantes), s’occupent de nettoyer la plateforme de tout contenu subversif signalé par les internautes. Et qui sont les témoins quotidiens de la diversité infinie de la débauche humaine déversée sur Facebook, au point que leur travail affecte bien souvent leur santé mentale, comme le montrait Wired dans une enquête datant de 2014.

Mais ce n'est pas pour le bien-être de ces employés, mais bien pour en améliorer l'efficacité que les compagnies de la Silicon Valley cherchent en parallèle à automatiser cette chasse aux contenus indésirables. Et font appel à des outils tels que ceux développés par Hany Farid. Soutenu par Microsoft, ce professeur à l’université de Dartmouth aux États-Unis a mis au point PhotoDNA en 2008.

Petit tutorial de ce logiciel, en anglais, qui explique que chaque photo a son propre ADN, ou signature digitale, et cet ADN permet de retrouver la même famille de photos et la photo originelle parmi les milliards existantes (E&R):

Vidéo: PhotoDNA™: How it works

Microsoft utilise donc PhotoDNA pour éradiquer la multiplication des images pédophiles sur l’Internet.

Vidéo: PhotoDNA; The Next Chapter in Protecting Children Online

À l’aide d’une base de données de fichiers censurés, cet algorithme identifie (et supprime) les images pédo-pornographiques parmi toutes les publications en ligne. Facebook, Google, Microsoft, de nombreuses applications et des plateformes de stockage cloud l'utilisent déjà.

« eGlyph », chasseur de pédophiles et de terroristes

Aujourd’hui, Hany Farid oriente ses recherches vers les publications terroristes. Il est à présent conseiller principal de l’organisation Counter Extremism Project – qui se revendique non-partisane bien que fondée par un proche de G. W. Bush. « Les extrémistes utilisent les plateformes en ligne comme des armes qui servent à radicaliser, recruter et inciter à la violence. C’est une excellente opportunité pour les entreprises de restreindre l’utilisation des réseaux sociaux à des fins funestes », explique-t-il à Télérama.

Dans ce but, il a développé l’algorithme eGlyph « qui permet de traiter les vidéos et les fichiers sonores aussi bien que les images ». « L’algorithme scanne des milliards de données publiées sur Internet et les réseaux sociaux chaque jour. Lorsqu’il détermine qu’un contenu correspond à une “empreinte” déjà présente dans la base de données des fichiers censurés, il l’étiquette comme “contenu à supprimer”.

Des fils d’actualité aseptisés ?

Mais si la suppression des contenus pédopornographiques fait consensus, celle des contenus extrémistes peut poser problème. Car qu'arrive-t-il si un média ne peut plus montrer et analyser une vidéo de propagande de l’État islamique ? Le contrôle d’un humain n’est-il pas nécessaire pour juger de la pertinence réelle d’une publication ? « C’est une décision politique, répond le chercheur américain. Les entreprises devront décider de l’usage qu’elles vont en faire. Ce sont des décisions difficiles qui sont actuellement en train d’être prises. Notre technologie permet juste aux entreprises de trouver le matériel nécessaire au renforcement de leursconditions de service ». Au risque de proposer, à long terme, des fils d’actualité complètement aseptisés.

Peu disert sur la possibilité que les logiciels soient faillibles et puissent atteindre à la liberté d'expression, d'information ou artistique, Hany Farid préfère insister sur le fait que ce sont toujours les humains qui « gardent le contrôle sur ce qui contrevient ou non : la technologie ne fait qu'appliquer ce qu'on lui demande ». D'ailleurs, les algorithmes ne sont pas forcément les seuls responsables des censures absurdes : dans le cas de la célèbre photo de Nick Ut – celle de la petite vietnamienne nue touchée par le napalm – publiée sur Facebook par un journal norvégien début septembre, « le retrait de cette photo a été entièrement décidée par un modérateur humain », soutient Hany Farid. S’il affirme qu’il « continue à avoir des conversations productives » depuis juin 2016 avec les responsables de Facebook, la firme de Mark Zuckerberg n’a pour le moment « pris aucune décision concernant l’usage d’eGlyph ».


- Source : Télérama
----------------------------------------------------------------------------------------------

E-mails explosifs de la Clinton

Auteur : Manlio Dinucci | Editeur : Walt | Mercredi, 21 Sept. 2016 - 14h38
 
 
 

De temps en temps, pour faire un peu de « propreté morale » à but politico-médiatique, l’Occident sort quelques squelettes du placard.

Une commission du parlement britannique a critiqué David Cameron pour l’intervention militaire en Libye quand il était premier ministre en 2011 : elle ne l’a cependant pas critiqué pour la guerre d’agression qui a démoli un état souverain, mais parce que cette guerre a été lancée sans une « intelligence » adéquate ni un plan pour la « reconstruction ».

C’est la même chose qu’a fait Obama quand, en avril dernier, il a déclaré avoir commis sur la Libye la « pire erreur », non pas pour l’avoir démolie avec les forces Otan sous commandement étasunien, mais pour n’avoir pas planifié « the day after ». Au même moment Obama a réaffirmé son appui à Hillary Clinton, aujourd’hui candidate à la présidence : celle-là même qui, en habit de secrétaire d’Etat, persuada Obama d’autoriser une opération secrète en Libye (y compris l’envoi de forces spéciales et l’armement de groupes terroristes) en préparation de l’attaque aéronavale USA/Otan.

Les mails de la Clinton, ensuite mis en lumière, prouvent quel était le véritable objectif de la guerre : bloquer le plan de Kadhafi d’utiliser les fonds souverains libyens pour créer des organismes financiers autonomes de l’Union Africaine et une monnaie africaine alternative au dollar et au franc Cfa.

Immédiatement après avoir démoli l’état libyen, les USA et l’Otan, avec les monarchies du Golfe, ont commencé l’opération secrète pour démolir l’état syrien, en infiltrant à l’intérieur de celui-ci des forces spéciales et des groupes terroristes qui ont donné naissance à l’EI.

Un mail de Clinton, un des nombreux que le Département d’Etat a dû déclassifier après les clameurs suscitées par les révélations de Wikileaks, démontre quel est un des objectifs fondamentaux de l’opération encore en cours. Dans l’e-mail, déclassifié comme « case number F-2014-20439, Doc No. C05794498», la secrétaire d’Etat Hillary Clinton écrit le 31 décembre 2012 : « C’est la relation stratégique entre l’Iran et le régime de Bashar Assad qui permet à l’Iran de miner la sécurité d’Israël, non pas à travers une attaque directe mais à travers ses alliés au Liban, comme le Hezbollah ». Elle souligne alors que « la meilleure façon d’aider Israël est d’aider la rébellion en Syrie qui dure désormais depuis plus d’un an », c’est-à-dire depuis 2011, en soutenant que pour faire plier Bashar al Assad, il faut « l’usage de la force » afin de « mettre en péril sa vie et celle de sa famille ». Clinton conclut : « Le renversement d’Assad constituerait non seulement un immense bénéfice pour la sécurité d’Israël, mais ferait aussi diminuer la crainte israélienne compréhensible de perdre le monopole nucléaire». L’alors secrétaire d’Etat admet donc ce qui est officiellement tu : le fait qu’Israël est l’unique pays au Moyen-Orient qui possède des armes nucléaires.

Le soutien de l’administration Obama à Israël, au-delà de quelques dissensions plus formelles que substantielles, est confirmé par l’accord, signé le 14 septembre à Washington, par lequel les Etats-Unis s’engagent à fournir à Israël les armements les plus modernes pour une valeur de 38 milliards de dollars en dix ans, par un financement annuel de 3,3 milliards de dollars plus un demi million pour la « défense de missiles ».

En attendant, après que l’intervention russe a bloqué le plan de démolir la Syrie de l’intérieur avec la guerre, les USA obtiennent une « trêve » (immédiatement violée par eux), lançant en même temps une nouvelle offensive en Libye, camouflée en opération humanitaire à laquelle l’Italie participe avec ses « paras-médecins ».

Tandis qu’Israël, dans l’ombre, renforce son monopole nucléaire si cher à la Clinton. Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio (Mondialisation)


- Source : Il manifesto
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 

La Chine fait monter les enchères en mer de Chine du sud

Auteur : Pepe Escobar | Editeur : Walt | Samedi, 17 Sept. 2016 - 15h53
 
 
 

Les exercices Joint Sea-2016 ont commencé ce lundi. Il s’agit du cinquième exercice naval annuel sino-russe, mettant en vedette les piliers des deux marines en action dans les eaux à l’est de Zhanjiang, dans la province de Guangdong, le QG de la Flotte Nanhai de l’Armée de libération du peuple (PLA).

Considérant que c’est la première fois que l’exercice conjoint se passe en mer de Chine du Sud, les alarmes apocalyptiques des suspects habituels ne pouvaient être plus prévisibles – et complètement rejetées par les dirigeants de Pékin.

L’exercice Joint Sea-2016 intervient juste après une poignée de main tout à fait significative qui a eu lieu la semaine dernière au Laos. Les mains en question ne sont rien moins que celles du premier ministre chinois, Li Keqiang, et du président philippin Rodrigo Duterte, alias The Punisher, vêtu pour l’occasion en complet-costume et cravate tie regalia.

Il y avait de bonnes raisons pour une telle camaraderie. Après tout la Chine et l’ASEAN ont convenu que le cadre d’un code de conduite juridiquement contraignant en mer de Chine du Sud sera en vigueur avant la fin de l’année. Singapour a fait pression vigoureusement pour ce développement majeur. Pékin considère Singapour comme «un partenaire clé pour la coopération dans la région», selon les termes employés par Lia à Xinhua. Le propre secrétaire de presse de The Punisher, Martin Andanar, a résolu la quadrature du cercle : «Notre président [philippin] a également exprimé son approbation de disposer d’un cadre pour un code de conduite.» Le lieu – au Laos – ne pouvait pas être plus stratégiquement approprié pour la Chine. Depuis trois ans maintenant, la Chine est le plus grand investisseur au Laos – principalement dans l’énergie et l’exploitation minière, y compris la construction du Nam Ngiep 1, un projet hydroélectrique de $868 millions. Les autres principaux projets prévus comprennent la zone économique spéciale (ZES) Luang Zone Marsh près de Vientiane pour $1.6 milliard, et – quoi d’autre – un chemin de fer de 472 km entre Kunming dans la province du Yunnan et Vientiane, avec une extension vers la Thaïlande, qui sera achevée en 2021. Ce sera la branche sud-est asiatique des Nouvelles routes de la soie.

Bombarder le Laos avec la rhétorique

Le Laos a été le cadre de la première rencontre face à face entre un haut dirigeant chinois, le Premier ministre Li Keqiang et les dix chefs d’État de l’ASEAN, juste avant le sommet de l’Asie de l’Est ? la réunion annuelle de l’ASEAN plus la Chine, la Corée du Sud , le Japon, l’Inde, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et la Russie.

Lors du sommet de l’Asie de l’Est, le président américain Barack Obama, pour sa dernière visite – tout à fait mélancolique – en Asie, à l’endroit où son administration était supposée pivoter, a déclaré que la décision de La Haye au sujet des revendications territoriales de la Chine en mer de Chine méridionale était exécutoire. C’était non seulement faux – mais énoncé par un prix Nobel de la Paix, avec sa liste [hebdomadaire le mardi matin, NdT] de permis de tuer, en visite au Laos des décennies après que la nation a été réduite en cendres par les bombardements de la «nation indispensable», qui dit maintenant avec un visage impassible que tout va bien se passer. Les Asiatiques, pour le moins, n’étaient pas impressionnés.

La raison de la visite d’Obama était effectivement, une fois de plus, de vendre le pivot vers l’Asie, en tandem avec son bras commercial de l’OTAN, le Traité de partenariat trans-pacifique (TPP).

Obama a insisté : «Le TPP est un pilier central du rééquilibrage de l’Amérique et de l’Asie-Pacifique. Le commerce et la croissance qu’il soutient, renforceront les alliances de sécurité entre l’Amérique et ses partenaires régionaux, ajoutant, ne pas aller de l’avant avec le TPP n’aura pas seulement des conséquences économiques, mais remettra en question le leadership de l’Amérique dans cette région vitale» .

Pékin pour sa part privilégie la diplomatie à la rhétorique vide lorsqu’il traite avec une ASEAN en mutation, traversée par une diversité absolue de ses dix pays membres. L’Indonésie et la Thaïlande, par exemple, s’employaient à construire des ponts diplomatiques, mais maintenant Jakarta s’est concentré sur ses affaires intérieures et les politiques de Bangkok sont en transition.

La Maison Blanche comptait sur Manille pour appuyer sa stratégie de confrontation [avec la Chine] car Manille est censé être un rouage essentiel dans la machinerie du pivot vers l’Asie. Pourtant, même quand il en parle au Premier ministre japonais Shinzo Abe, Duterte – le président philippin – souligne que les problèmes de la mer de Chine du Sud doivent être résolus par des moyens pacifiques, et Manille maintiendra le dialogue avec Pékin.

Et puis, pour «célébrer» cette rencontre pan-Asiatique – et en même temps le 68e anniversaire de la fondation de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) – Pyongyang a infligé une dose de réalisme à tout le monde en procédant à son cinquième essai nucléaire. 

Quittez le TPP, prenez le TGV

La Chine, quant à elle, continue d’accumuler des «faits sur la mer» – avec beaucoup d’actions, sous la forme de patrouilles en mer, en provenance de Sansha, une ville-préfecture mise en place en 2012 pour administrer les îles Spratleys, Paracel Islands et Macclesfield Bank – que les Chinois appellent îles Zongsha.

Ces «faits sur la mer» sont irréversibles, la préfecture de Sansha a fait en sorte que les îles, atolls, récifs, rochers, bancs – quelle que soit la terminologie – tout ce qui se trouve en mer de Chine du Sud soit considéré comme une question de sécurité nationale, politique et stratégique, pour Pékin.

Dans la mesure où la dynamique de l’ASEAN est concernée, la Thaïlande peut conserver le statut de pivot stratégique pour les intérêts américains. Mais maintenant, Washington doit tenir compte de l’équation politique délicate – et extrêmement complexe – qui se profile au sujet de la succession royale, avec la puissance d’une armée thaïlandaise renforcée par une nouvelle dynamique d’élargissement de son commerce et de ses relations politiques avec la Russie et la Chine.

Pourtant, le seul discours émanant de Washington se résume à l’obsession du Pentagone pour une confrontation en mer de Chine méridionale et l’obsession de la Maison Blanche avec son TPP, le bras commercial du pivot.

Kishore Mahbubani, doyen de Lee Kuan Yew, l’École de politique publique à l’Université nationale de Singapour, a été assez intelligent pour proposer un moyen de s’en sortir : et si Washington acceptait une contribution chinoise en termes de technologie ferroviaire à grande vitesse – comme un moyen de relancer l’économie américaine du Pacifique à l’Atlantique ? Ce partenariat sino-américain dans les infrastructures serait, selon Mahbubani, un «accord au paradis». L’American Society of Civil Engineers a estimé un besoin de financement de l’investissement à hauteur de $1.440 milliards aux États-Unis entre 2016 et 2025 – provoquant une énorme traînée sur les entreprises, les exportations et les revenus. La Chine aurait la capacité financière et institutionnelle pour construire cette infrastructure indispensable. Le TPP est une impasse. Peut-être Mahbubani devrait-il envoyer sa proposition à Donald Trump ?

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

 
----------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
Les 10 plus grandes multinationales gagnent plus que la plupart des pays mondiaux cumulés
Auteur : Sputnik (Russie) | Editeur : Walt | Mercredi, 14 Sept. 2016 - 15h02
 
 
 

L’année dernière, les plus grandes sociétés du monde ont augmenté leur richesse par rapport aux États mondiaux, ce qui illustre la montée en puissance des entreprises multinationales.

L'organisme de bienfaisance Global Justice Now, qui lutte contre la pauvreté mondiale, affirme que les entreprises multinationales multiplient de plus en plus leurs revenues alors que les économies émergentes luttent pour survivre.

Une étude réalisée par l'organisme de bienfaisance a révélé que le nombre d'entreprises dans le top 100 des entités économiques a augmenté en 2015, passant à 69 contre 63 en 2014.

Alors que de nombreuses économies de marché émergentes ont eu du mal à se développer ces deux dernières années, principalement en raison du ralentissement de la Chine, la majorité des multinationales ont augmenté leurs profits.

L'organisme londonien a déclaré que les dix les plus grandes sociétés du monde, y compris Walmart, Apple et Shell, faisaient plus d'argent que la plupart des pays du monde combinés.

Global Justice Now accuse d'ailleurs les gouvernements d’avoir cédé aux pressions des entreprises multinationales pour promouvoir un régime fiscal favorable aux entreprises et qui néglige les besoins des citoyens ordinaires.

La valeur des dix sociétés les plus grandes a été enregistré au niveau de 285 billions de dollars milles milliards dollars (254 billions d'euros), en battant le chiffre de 280 billions de dollars (249 billions d'euros) qui représente la richesse totale de 180 pays du monde.

"La richesse colossale et la puissance des entreprises est au cœur d'un grand nombre de problèmes mondiaux, comme l'inégalité et les changements climatiques", a déclaré Nick Dearden, directeur de l'organisme londonien.

"La course aux profits à court terme semble éclipser les droits fondamentaux de millions de gens sur la planète. Ces chiffres montrent que le problème ne fait que s’aggraver chaque jour », a-t-il ajouté.


- Source : Sputnik (Russie)
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Eva Ottawa nommée présidente du Conseil du statut de la femme

8 septembre 2016|La Presse canadienne
 
Photo: Source TwitterEva Ottawa était jusqu’à tout récemment membre de la Commission des droits de la personne.

L’ex-grand chef de la nation Atikamekw, Eva Ottawa, a été nommée à la tête du Conseil du statut de la femme.

Le gouvernement Couillard a annoncé par voie de communiqué, jeudi après-midi, le nom de la successeure de Julie Miville-Dechêne, devenue représentante du Québec au sein de la Délégation permanente du Canada auprès de l’UNESCO au mois de mars dernier. 

La nomination a été approuvée par le conseil des ministres qui était réuni à Gatineau.

Eva Ottawa était jusqu’à tout récemment membre de la Commission des droits de la personne.

Détentrice de diplômes en sociologie et en droit, Mme Ottawa s’est impliquée pendant de nombreuses années dans sa communauté. Elle a occupé divers postes au sein du Conseil de la Nation Atikamekw et de la Commission Atikamekw, avant d’être membre de l’équipe de négociation de la nation autochtone.

En 2006, elle a été élue grand chef de la nation Atikamekw — la première femme à assumer cette fonction. Elle a été réélue en 2010, mais elle avait démissionné avant la fin de son mandat, en 2013.

Elle est ensuite devenue consultante pour les services éducatifs du Conseil des Atikamekw jusqu’en 2015, lorsqu’elle a été nommée à la Commission des droits de la personne.

------------------------------------------------------------------------------------------------

Le burkini, version aquatique du hidjab

3 septembre 2016| Louise Mailloux - Auteure et militante laïque |Actualités en société
Il faudrait interdire le burkini au Québec, mais aussi avoir le courage de légiférer sur le port de signes religieux à l’école et dans les garderies.
Photo: Ariel Schalit Associated PressIl faudrait interdire le burkini au Québec, mais aussi avoir le courage de légiférer sur le port de signes religieux à l’école et dans les garderies.

Vous souvenez-vous du sketch dans le film de Woody Allen Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander, dans lequel Allen lui-même, fourré dans un burkini tout blanc, incarnait un spermatozoïde ? C’était en 1972, l’époque d’après Mai 68, celle de la révolution sexuelle où l’on se libérait des tabous et du carcan moral de la religion catholique par rapport au sexe. L’époque où l’on enseignait Wilhelm Reich, Freud avec son Malaise dans la culture et Marcuse avec son fabuleux Éros et civilisation. C’était aussi l’époque de la révolution féministe avec La femme eunuque de Germaine Greer, La politique du mâle de Kate Millett et le percutant Ainsi soit-elle de Benoîte Groulx.

 

Au Québec, les années 1970 furent celles du premier écrit féministe avec l’audacieux L’Euguélionne de Louky Bersianik, livre-culte qui connut un succès immédiat auprès des femmes. Ce fut aussi, en 1978, la présentation au TNM de la très irrévérencieuse pièce Les fées ont soif de Denise Boucher, qui avait provoqué la colère des catholiques, ceux-ci ayant même demandé une injonction pour la faire interdire. Des manifestations eurent lieu et des appuis de partout se firent entendre pour dénoncer la censure des catholiques.

 

Dans les années 1970, ça discutait fort et on avait l’impression que le Québec prenait enfin le virage féministe et que tous les espoirs étaient permis. Les femmes prenaient conscience de leur aliénation, conscience de l’existence du patriarcat à qui la morale catholique servait d’idéologie. Elles luttèrent alors pour l’obtention de droits reproductifs parce qu’elles ne voulaient plus laisser l’époux, le curé ou le médecin définir leur vie et contrôler leur propre corps. Dites, vous souvenez-vous de cela ?

 

Mais à quoi auront servi tous ces efforts si c’est aujourd’hui pour se prosterner devant le burkini de ces femmes déguisées en spermatozoïde et qui, dans les années 1970, auraient passé pour des saintes nitouches ? Sommes-nous tombés sur la tête ? Est-ce cela, l’émancipation des femmes ? Que sert d’avoir la liberté d’aller à la plage seulement si nous cachons tout notre corps ? Sommes-nous assez naïves pour penser que celles qui « choisissent » le burkini auraient pu tout aussi bien choisir le bikini ? Et comment se fait-il qu’aucun homme ne fasse jamais ce choix ? Ils sont libres, eux aussi, non ?

 

Même morale étriquée

 

Le burkini participe de la même idéologie, de la même morale étriquée que celle du hidjab. Une morale patriarcale et sexiste qui définit les femmes comme des objets sexuels appartenant aux hommes. Faut-il rappeler que le Coran interdit aux femmes musulmanes d’épouser un non-musulman, sauf si l’époux se convertit à l’islam ?

 

Le burkini tout comme le hidjab ont la même fonction sociale : soustraire les femmes musulmanes aux regards des hommes qu’elles pourraient épouser, minimisant ainsi les occasions de séduction. C’est la raison pour laquelle les femmes voilées ne se dévoilent qu’en présence des hommes de leur famille et cachent leurs cheveux, leur cou, leurs oreilles, leurs bras et leurs jambes aussitôt qu’elles se retrouvent dans l’espace public. Le burkini n’est que la version aquatique du hidjab, symbolisant l’un comme l’autre l’absence de liberté sexuelle des femmes musulmanes de même que l’instrumentalisation de leur corps au profit de la communauté. Cela rappelle l’époux, le curé et le médecin, vous ne trouvez pas ?

 

Le burkini comme indice de pénétration de l’islamisme

 

L’immense controverse qui fait rage en France à propos du burkini est révélatrice du succès des islamistes à imposer leur idéologie patriarcale et à contrôler le corps des femmes musulmanes jusque sur les plages. La stratégie des islamistes est fort simple. Dans un premier temps, faire accepter le burkini sur les plages en nous le présentant comme un maillot de bain qui va permettre aux femmes burkinisées de profiter de la plage comme tout le monde. Bref, nous culpabiliser de vouloir interdire cet accoutrement sexiste et faire pleurer dans les chaumières.

 

Si nous ne résistons pas fermement à ce chantage émotif, cela aura pour effet d’augmenter la pression sur les femmes musulmanes qui refusent de porter le burkini, les incitant à rester chez elles plutôt que de s’exposer au harcèlement des burkinisées. Une fois les femmes musulmanes mises au pas, les islamistes s’attaqueront aux femmes non musulmanes, avec cette fois-ci la rhétorique de la femme qui, en choisissant le burkini, refuse d’être un objet sexuel. Et au nom de l’émancipation des femmes, les plages deviendront bondées de saintes nitouches. Ainsi soient-elles…

 

La morale islamiste a pénétré depuis plusieurs années nos écoles publiques, là où sont socialisés la plupart des jeunes Québécois. Elle s’affiche dans le hidjab des fillettes et des jeunes filles, dans celui des enseignantes et dans celui des éducatrices en garderie.

 

À la suite des recommandations faites par le Conseil du statut de la femme en 1978, le gouvernement modifia sa politique en matière d’édition de manuels scolaires afin d’en retirer toute référence à des stéréotypes sexistes dans le but exprès de promouvoir l’égalité des sexes. Alors qu’aujourd’hui nous exposons les jeunes au sexisme outrageant du hidjab des enseignantes et des éducatrices voilées au nom de l’ouverture à la différence. Le sexisme n’est devenu qu’une simple différence. Voilà où nous en sommes après quarante ans de luttes féministes.

 

Interdire le burkini au Québec ?

 

Oui, il faudrait interdire le burkini au Québec, mais avant de penser à légiférer sur les plages, il faudrait avoir le courage de légiférer sur le port de signes religieux à l’école et dans les garderies. Car si tout le monde ne va pas à la plage, tous en revanche doivent fréquenter l’école, qui est une institution publique.

 

J’ai souvenir d’un gouvernement qui, il y a à peine trois ans, a voulu, au nom de la laïcité, légiférer sur le port de signes religieux dans les institutions publiques. Les appuis furent nombreux dans la population et les attaques des multiculturalistes, des islamistes et des groupes religieux furent virulentes. Nous savons comment tout cela s’est terminé.

 

Les péquistes se sont retrouvés dans le confessionnal des curés du multiculturalisme, à se repentir d’avoir été trop loin. Tellement qu’aujourd’hui, bon nombre de politiciens, péquistes comme caquistes, se cramponnent au rapport Bouchard-Taylor, devenu soudainement La Mecque de la laïcité, le meilleur rempart contre les accusations de racisme et d’islamophobie.

 

Mais savez-vous que ce rapport autorise le port de signes religieux chez les enseignantes et les éducatrices en garderie ? À trop vouloir ne pas faire de vagues, on risque bien de se noyer. L’été tire à sa fin et bientôt les plages seront désertes. Il serait peut-être temps d’envisager le retour en classe…

----------------------------------------------------------------------------------------------------

Les médias occidentaux poussent à la guerre nucléaire

Auteur : Le Grand Soir | Editeur : Frisca Widodo | Vendredi, 02 Sept. 2016 - 00h04
 
 
 

La disculpation d’un homme accusé du pire des crimes, le génocide, n’a pas fait les manchettes. Ni la BBC ni CNN n’en ont parlé. The Guardian s’est permis un bref commentaire. Un tel aveu officiel et rare fut, sans surprise, enterré ou occulté. Cela révélerait trop de choses sur les dirigeants du monde.

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a discrètement blanchi le feu président serbe, Slobodan Milosevic, de crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995, y compris du massacre de Srebrenica.

Loin d’avoir conspiré avec le leader des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic, qui a été condamné, Milosevic avait en réalité « condamné le nettoyage ethnique », s’était opposé à Karadzic et a tenté d’arrêter la guerre qui a démembré la Yougoslavie. Enterré vers la fin d’un arrêt de 2,590 pages sur Karadzic, publié au mois de Février dernier, cette vérité démolit un peu plus la propagande qui justifia l’assaut illégal de l’OTAN sur la Serbie en 1999.

Milosevic est mort d’une crise cardiaque en 2006, seul dans sa cellule à La Haye, au cours de ce qui équivaut à un procès bidon par un « tribunal international » inventé par les Etats-Unis. Une intervention chirurgicale, qui aurait pu lui sauver la vie, lui fut refusé et son état s’est empiré et il fut surveillée et maintenu au secret par les autorités US, comme WikiLeaks l’a révélé depuis.

Milosevic a été victime de la propagande de guerre qui aujourd’hui coule à flots sur nos écrans et journaux et signale un grand danger pour nous tous. Il était l’archétype du démon, vilipendé par les médias occidentaux comme le « boucher des Balkans » qui était responsable de « génocide », en particulier dans la province yougoslave sécessionniste du Kosovo. Le Premier ministre Tony Blair l’a dit, a invoqué l’Holocauste et a demandé des mesures contre « ce nouveau Hitler ».

David Scheffer, l’ambassadeur itinérant des crimes de guerre [sic], a déclaré que jusqu’à « 225.000 hommes albanais ethniques âgés de 14 à 59 ans » ont pu être assassinés par les forces de Milocevic.

Ce fut la justification des bombardements de l’OTAN, dirigés par Bill Clinton et Blair, qui tuèrent des centaines de civils dans des hôpitaux, des écoles, des églises, des parcs et des studios de télévision et détruisirent l’infrastructure économique de la Serbie. Ce fut un geste manifestement idéologique ; à une fameuse « conférence de paix » à Rambouillet, en France, Milosevic a été confronté par Madeleine Albright, la secrétaire d’Etat US, qui allait entrer dans les annales de l’infamie avec sa remarque sur la mort d’un demi-million d’enfants irakiens qui « en valait la peine ».

Albright a communiqué une « offre » à Milosevic qu’aucun leader national ne pouvait accepter. À moins de convenir d’une occupation militaire étrangère de son pays, avec des forces d’occupation « en dehors d’un processus juridique », et de l’imposition d’un « marché libre » néo-libéral, la Serbie serait bombardée. C’était contenu dans une « Annexe B », que les médias n’ont pas lue ou ont censurée. L’objectif était d’écraser le dernier Etat « socialiste » indépendant de l’Europe.

Une fois que l’OTAN a commencé à bombarder, il y eut une ruée de réfugiés kosovars « fuyant un holocauste ». Quand tout fut terminé, les équipes internationales de police se sont rendues au Kosovo pour exhumer les victimes. Le FBI n’a pas réussi à trouver une seule fosse commune et ils rentrèrent chez eux. L’équipe médico-légale espagnole a fait de même, son chef dénonçant avec colère « une pirouette sémantique par les machines de propagande de guerre ». Le décompte final des morts au Kosovo est 2788. Cela inclut les combattants des deux côtés et les Serbes et les Roms assassinés par le pro-OTAN Front de libération du Kosovo. Il n’y a pas eu de génocide. L’attaque de l’OTAN fut à la fois une fraude et un crime de guerre.

Tous sauf une fraction des tant vantés missiles à « précision guidée » des Etats-Unis ont touché non pas des cibles militaires mais des civils, y compris les studios de la Radio Télévision de Serbie à Belgrade. Seize personnes ont été tuées, dont des cameramen, des producteurs et une maquilleuse. Blair qualifia les morts, de manière profane, comme « le commandement et le contrôle » de la Serbie.

En 2008, le procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, a révélé qu’elle avait subi des pressions pour ne pas enquêter sur les crimes de l’OTAN.

Ceci devint le modèle pour les invasions futures par Washington de l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et, de manière furtive, la Syrie. Toutes ces invasions pouvaient êtres qualifiées de « crimes suprêmes » selon la norme établie à Nuremberg ; toutes dépendaient de la propagande des médias. Alors que le journalisme à sensation a joué son rôle habituel, c’était le journalisme sérieux, crédible, souvent progressiste qui a fut le plus efficace - la promotion évangélique de Blair et de ses guerres par le Guardian, les mensonges incessants sur les armes de destruction massive inexistantes de Saddam Hussein dans The Observer et leNew York Times, et les battements de tambours ininterrompus de la propagande du gouvernement par la BBC dans le silence de ses omissions.

Au plus fort des bombardements, Kirsty Wark de la BBC a interviewé le général Wesley Clark, le commandant de l’OTAN. La ville serbe de Nis venait d’être pulvérisé par des bombes à sous-munitions états-uniennes, tuant femmes, personnes âgées et enfants dans un marché ouvert et un hôpital. Wark n’a pas posé une seule question sur ce sujet, ni sur tous les autres morts civils.

D’autres furent plus effrontés. En Février 2003, au lendemain de l’écrasement de l’Irak par Blair et Bush, le rédacteur en chef politique de la BBC, Andrew Marr, se trouvait à Downing Street [Bureaux du Premier Ministre Britannique – NdT] et prononça ce qui équivaut à un discours de victoire. Il déclara avec enthousiasme à ses téléspectateurs que Blair avait « dit qu’ils seraient en mesure de prendre Bagdad sans bain de sang, et qu’en fin de compte les Irakiens allient célébrer. Et sur ces deux points, il a eu totalement raison ». Aujourd’hui, avec un million de morts et une société en ruines, les interviews de Marr à la BBC sont recommandées par l’ambassade des Etats-Unis à Londres.

Les collègues de Marr s’alignèrent pour qualifier les actions de Blair de « justifiées ». Le correspondant à Washington de la BBC, Matt Frei, déclara : « Il ne fait aucun doute que la volonté d’apporter le bien, les valeurs américaines au reste du monde, et en particulier au Moyen-Orient ... est désormais de plus en plus liée au pouvoir militaire. »

Cette prosternation devant les États-Unis et leurs collaborateurs comme une force bienveillante qui « apportent le bien » est profondément ancrée dans le journalisme occidental moderne. Il veille à ce que la catastrophe actuelle en Syrie soit exclusivement de la faute de Bachar al-Assad, contre qui l’Occident et Israël conspirent depuis longtemps, non pas pour des considérations humanitaires, mais pour consolider le pouvoir agressif d’Israël dans la région. Les forces jihadistes déchaînées et armées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Turquie et leurs mandataires de la « coalition » sont là pour ça. Ce sont eux qui dispensent la propagande et les vidéos qui deviennent des informations aux États-Unis et en Europe, et qui fournissent un accès aux journalistes et garantissent une « couverture » partisane de la Syrie.

Aux informations, on parle de la ville d’Alep. La plupart des lecteurs et téléspectateurs ne seront pas au courant que la majorité de la population d’Alep vit dans la partie occidentale contrôlée par le gouvernement. Le fait qu’ils souffrent quotidiennement des bombardements d’artillerie d’al-Qaida parrainé par l’Occident n’est pas mentionné. Le 21 Juillet, les bombardiers français et américains ont attaqué un village du gouvernement dans la province d’Alep, tuant jusqu’à 125 civils. Cela a été rapporté en page 22 du Guardian ; il n’y a pas eu de photos.

Après avoir créé et soutenu le djihadisme en Afghanistan dans les années 1980 dans le cadre de l’Opération Cyclone - une arme qui visait à détruire l’Union soviétique - les États-Unis sont en train de faire quelque chose de similaire en Syrie. Comme les moudjahidin afghans, les « rebelles » syriens sont les fantassins de l’Amérique et de la Grande-Bretagne. Beaucoup combattent pour al-Qaida et ses variantes ; certains, comme le Front Nosra, se sont rebaptisés pour se conformer aux sensibilités américaines post-11 Septembre. La CIA les dirige, avec difficulté, comme elle dirige des djihadistes partout dans le monde.

L’objectif immédiat est de détruire le gouvernement de Damas qui, selon le sondage le plus crédible (YouGov Siraj), est soutenu par la majorité des Syriens, ou tout au moins qui se retournent vers lui pour sa protection, quelle que soit la barbarie qui peut régner en coulisses. L’objectif à long terme est de nier à la Russie un allié clé du Moyen-Orient dans le cadre d’une guerre d’usure de l’Otan contre la Fédération de Russie qui finirait éventuellement par détruire cette dernière.

Le risque nucléaire est évident, bien qu’occulté par les médias du « monde libre ». Les éditorialistes duWashington Post, ayant promu le mensonge sur les Armes de destruction massive en Irak, demandent à Obama d’attaquer la Syrie. Hillary Clinton, qui se réjouissait publiquement de son rôle de bourreau lors de la destruction de la Libye, a indiqué à plusieurs reprises que, en tant que présidente, elle « ira plus loin » qu’Obama.

Gareth Porter, un journaliste basé à Washington, a récemment révélé les noms de ceux qui sont susceptibles de faire partie du cabinet Clinton, qui planifient une attaque sur la Syrie. Tous ont des passés de belligérants de la guerre froide ; l’ancien directeur de la CIA, Leon Panetta, a déclaré que « le prochain président devra envisager d’envoyer des forces spéciales supplémentaires sur le terrain ».

Le plus remarquable dans la propagande de guerre qui bat actuellement son plein est son côté absurde et familier. J’ai visionné des films d’archives des années 1950 à Washington, à l’époque où des diplomates, des fonctionnaires et des journalistes étaient traqués et ruinés par la chasse aux sorcières déclenchée par le sénateur Joe McCarthy contre ceux qui contestaient les mensonges et la paranoïa au sujet de l’Union Soviétique et de la Chine. Comme une tumeur renaissante, le culte anti-Russe est de retour.

En Grande-Bretagne, Luke Harding du Guardian entraîne ses lecteurs qui détestent la Russie dans un flot de parodies journalistiques qui attribuent à Vladimir Poutine tous les malheurs de la terre. Lorsque la fuite desPanama Papers fut publiée, la première page du quotidien mentionna M. Poutine, et il y avait une image de Poutine ; peu importe si le nom de Poutine n’était mentionné nulle part dans les documents.

Comme Milosevic, Poutine est le Diable en chef. C’est Poutine qui a abattu un avion de ligne Malaisienne au-dessus de l’Ukraine. Le titre auquel on a eu droit est le suivant : « En ce qui me concerne, Poutine a tué mon fils. » Pas besoin de preuves. C’est Poutine qui est responsable du renversement du gouvernement élu à Kiev en 2014, organisé (et financé) par – documents à l’appui - Washington. La campagne de terreur qui a suivi, déclenchée par les milices fascistes contre la population russophone de l’Ukraine était le résultat de « l’agression » de Poutine. Prévenir que la Crimée de devienne une base de missiles de l’OTAN et protéger la population majoritairement russe qui s’était prononcée par référendum pour son intégration à la Russie – à la suite de quoi la Crimée fut annexée - étaient autant d’exemples de « l’agression » de Poutine. La calomnie par les médias devient inévitablement une guerre par les médias. Si la guerre avec la Russie éclate, à dessein ou par accident, les journalistes en porteront une grande part de responsabilité.

Aux Etats-Unis, la campagne anti-Russe s’assimile à la réalité virtuelle. Paul Krugman du New York Times, un économiste lauréat du prix Nobel, a appelé Donald Trump le « candidat Sibérien » parce que Trump est l’homme de Poutine, dit-il. Trump a osé suggérer, dans un moment rare de lucidité, qu’une guerre avec la Russie pourrait être une mauvaise idée. En fait, il est allé plus loin et a retiré les livraisons d’armes US à l’Ukraine de son programme. « Ne serait-ce pas merveilleux si nous nous entendions avec la Russie, » a-t-il dit.

C’est pourquoi l’establishment libéral belliciste des Etats-Unis le déteste. Son racisme, sa démagogie et ses rodomontades n’ont rien à voir avec ça. En matière de racisme et d’extrémisme, Bill et Hillary Clinton n’ont rien à envier à Trump. (Cette semaine marque le 20e anniversaire de la « réforme de la protection sociale » de Clinton qui a été une guerre contre les Afro-Américains). Quant à Obama : tandis que les armes de la police US abattent ses frères afro-américains, le grand espoir de la Maison Blanche n’a rien fait pour les protéger, rien fait pour soulager leur misère, tout en menant quatre guerres rapaces et une campagne d’assassinat sans précédent.

La CIA a demandé que Trump ne soit pas élu. Des généraux du Pentagone ont demandé qu’il ne soit pas élu. Le pro-guerre du New York Times – pendant les pauses de leur campagnes anti-Poutine - demandent qu’il ne soit pas élu. Il y a quelque chose qui se mijote. Ces tribuns de la « guerre perpétuelle » sont terrifiés que le business de plusieurs milliards de dollars de la guerre par laquelle les Etats-Unis maintiennent leur domination serait compromis si Trump trouvait un accord avec Poutine, puis avec Xi Jinping de la Chine. Leur panique devant la possibilité d’une grande puissance parlant de paix dans le monde - ce qui est peu probable - serait une farce macabre si l’avenir n’était pas aussi sombre.

« Trump aurait aimé Staline ! » hurla le vice-président Joe Biden lors d’un rassemblement de soutien à Hillary Clinton. Avec Clinton hochant la tête, il a crié : « Nous ne nous inclinons jamais. Nous ne plions jamais. Nous ne nous agenouillons jamais. Nous ne cédons jamais. La victoire est à nous. Voilà qui nous sommes. Nous sommes l’Amérique ! »

En Grande-Bretagne, Jeremy Corbyn a également provoqué l’hystérie des faiseurs de guerre du Parti travailliste et d’un média qui se consacre à lui rentrer dedans. Lord West, ancien amiral et ministre du Travail, l’a bien formulé. Corbyn prenait une position anti-guerre « scandaleuse » « parce que cela lui attire le vote des masses irréfléchies ».

Lors d’un débat avec son challenger à la direction du parti, Owen Smith, le modérateur a demandé à Corbyn : « Comment réagiriez-vous en cas de violation par Vladimir Poutine d’un Etat-membre de l’Otan ? »

Corbyn a répondu : « Vous voudriez d’abord éviter que cela n’arrive. Vous établiriez un bon dialogue avec la Russie ... Nous pourrions tenter une démilitarisation des frontières entre la Russie, l’Ukraine et les autres pays frontaliers de la Russie en l’Europe de l’Est. Ce que nous ne pouvons pas faire c’est de laisser une série d’accumulations de troupes calamiteuses de chaque côté, ce qui nous conduit inéluctablement vers un grand danger »

Pressé de dire s’il autoriserait la guerre contre la Russie « s’il le fallait », Corbyn a répondu : « Je ne veux pas faire la guerre - ce que je veux c’est parvenir à un monde où on n’aurait pas à faire la guerre ».

Poser une telle série de questions doit beaucoup à la montée des libéraux bellicistes en Grande-Bretagne. Depuis longtemps, le Parti travailliste et les médias leur ont offert des opportunités de carrière. Pendant un certain temps, le tsunami moral du grand crime commis contre l’Irak a provoqué un flottement, leurs contre-vérités flagrantes sont devenues un fardeau embarrassant mais passager. Indépendamment du rapport Chilcot et de la montagne de faits qui l’incriminent, Blair est toujours leur source d’inspiration, parce qu’il est un « gagnant ».

Le journalisme et enseignements dissidents ont depuis été systématiquement bannis ou accaparés, et les idées démocratiques vidées pour être remplacées par la « politique identitaire » qui confond genre et féminisme, l’angoisse de la société et libération, et qui ignore volontairement la violence d’Etat et le mercantilisme des armes qui détruisent d’innombrables vies dans des pays lointains, comme le Yémen et la Syrie, et qui invitent la guerre nucléaire en Europe et à travers le monde.

La mobilisation de personnes de tous âges autour de la montée spectaculaire de Jeremy Corbyn peut constituer une certaine résistance. Il a passé sa vie à dénoncer les horreurs de la guerre. Le problème pour Corbyn et ses partisans est le Parti Travailliste. Aux Etats-Unis, le problème pour les milliers d’adeptes de Bernie Sanders est le Parti Démocrate, sans parler de l’ultime trahison de leur grand espoir [son ralliement en rase-campagne à H. Clinton - NdT].

Aux Etats-Unis, pays des grands mouvements pour les droits civiques et contre la guerre, ce sont les mouvements comme Black Lives Matter et CODEPINK qui constituent les graines d’une version moderne.

Seul un mouvement qui grossirait à chaque coin de rue, qui déborderait des frontières et qui n’abandonnerait pas pourrait arrêter les fauteurs de guerre. L’année prochaine, cela fera un siècle que Wilfred Owen a écrit ce qui suit. Chaque journaliste devrait le lire et le retenir.

Si vous entendiez, à chaque cahot, le sang
Qui gargouille et s’écoule de ces poumons empoisonnés,
Cancer obscène, tel le reflux amer de plaies
Infectes et incurables sur des langues innocentes,
Mon ami, vous mettriez moins de zèle à répéter
À des enfants en mal de gloire désespérée,
Le vieux mensonge : Dulce et decorum est
Pro patria mori.

(Traduction française par Georges Gernot)

John Pilger

Traduction "quand organiserons-nous un nouveau Nuremberg ?" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

Journaliste, cinéaste et auteur, John Pilger est l’un des deux journalistes à avoir remporté deux fois la plus haute distinction du journalisme britannique. Pour ses documentaires, il a remporté un Emmy, un British Academy Award, un BAFTA. Parmi de nombreux autres prix, il a remporté un Prix du meilleur documentaire du Royal Television Society. Son épopée de 1979 ,Cambodge année zéro, est classé par le British Film Institute comme l’un des dix documentaires les plus importants du 20e siècle.


- Source : Le Grand Soir
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Accroissement de la glace polaire malgré le réchauffement planétaire ?!

Auteur : H.M. | Editeur : Walt | Samedi, 27 Août 2016 - 18h33
 
 

Dans le monde entier, des millions de personnes ont suivi la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques à Rio de Janeiro. La cérémonie a commencé avec un feu d’artifice impressionnant et un show spectaculaire avec des lumières laser, en plus de nombreuses stars de la musique brésilienne et des milliers de danseurs de samba. Mais l’ouverture des Jeux a aussi été utilisée comme plateforme pour la protection du climat et on y a souligné que la terre se réchauffe.

Pourtant, des chercheurs et auteurs renommés déclarent faux ce réchauffement et la fonte des glaces polaires qui en est la conséquence. En effet l’analyse d’images satellites montre qu’en 2015 la mer de glace arctique couvrait une surface de 4,41 millions de kilomètres carrés lors du minimum annuel du 11 septembre 2015. Cela représente 1,02 million de kilomètres carrés de plus par rapport au minimum annuel précédent du 17 septembre 2012, qui était de 3,39 millions de km², donc une augmentation de 30% de la surface glacée. La croissance saisonnière des glaces a même commencé quatre jours plus tôt en 2015 que dans la période de 1981 à 2010.

Par ailleurs la couche de glace serait devenue non seulement plus étendue et plus épaisse, mais aussi plus dense. Cela veut dire qu’elle est devenue plus résistante contre une fonte supplémentaire, comme le fait remarquer le professeur Andrew Shepherd, de l’Université de Leeds. Selon ses observations, la glace en Arctique s’est « rétablie de manière significative ». Et la spécialiste atmosphérique Judith Curry de l’Institut de Technologie de Géorgie à Atlanta lui donne raison : « La courbe vers le bas de l’épaisseur de la couche de glace en Arctique semble s’être inversée ».

Avec une surface de la mer de glace de 4,41 millions de km² minimum, une croissance de la surface glacière de 30 % par rapport à 2012 et la croissance des glaces la plus précoce depuis 1997, l’Arctique dément en 2015 tous les pronostics du prix Nobel Al Gore, qui prédisait pour 2013 et au plus tard 2015 un continent Arctique sans glace pendant l’été.

Et qu’en est-il de l’année 2016 ? - Le groupe portant le nom de « Polar Ocean Challenge » sous la direction du britannique David Hempleman-Adams avait prévu une expédition scientifique de deux mois, lors de laquelle il voulait partir de la ville portuaire britannique de Bristol pour passer près de l’Alaska, la Norvège et la Russie et revenir par le passage Nord-Ouest en direction de l’Alaska et du Groenland pour arriver à Bristol. Comme l’écrit le groupe sur son site internet, il veut prouver par ce voyage que « la couche de glace du Pôle Nord a tellement fondu pendant les mois d’été que l’on peut maintenant traverser la mer autrefois prise par les glaces ». Cependant en ce moment le bateau et son équipage sont bloqués dans la ville portuaire de Mourmansk, qui reste normalement sans glaces même en hiver grâce au Gulf Stream. La poursuite du voyage est actuellement empêchée par les masses glacières qui, selon la conviction déterminée du groupe, ne devraient normalement plus exister en été. Dans son article, le scientifique Tony Heller démontre à l’aide de mesures actuelles, que les températures en Arctique se trouvent en effet en dessous des valeurs normales, malgré les cris d’alerte qui disent que l’Arctique serait plus chaud que jamais.

Le groupe Polar Ocean Challenge n’est pas la première expédition qui a voulu apporter la preuve des répercussions du réchauffement climatique global sur les glaces polaires et qui a échoué. En 2013, le bateau de recherche « Akademik Shokalskiy » a été pris par les glaces. La situation a tellement empiré qu’au final l’équipage de 52 hommes a dû être évacué. L’année dernière, le brise-glace canadien « CCGS Amundsen » a dû se dérouter pour aller au secours de nombreux navires de ravitaillement pris dans les glaces.

Le climat est donc un sujet très controversé, comme nous l’avons montré dans nos émissions du 23 et du 31 décembre 2015 en français, et comme Philippe Verdier, un des présentateurs météo les plus connus de la télévision française, l’a vécu lui-même.

En effet, en 2015 il a été licencié par la télévision nationale française. Pourquoi ? Il s’est exprimé contre l’interprétation « scientifique » du climat selon le mainstream. Dans son livre « Climat Investigation » il affirme qu’il n’y a pas eu, comme on le diffuse, de changement climatique causé par l’homme et que des chercheurs climatiques mandatés par la politique, prennent en quelque sorte le monde « en otage » et publient des données qui induisent en erreur. L’utilisation de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques comme plateforme pour la propagande climatique unilatérale montre combien les liens d’intérêts sont entremêlés.


- Source : Kla TV(Allemagne)
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Une tribu aborigène refuse 1 milliard de $ d’une compagnie pétrolière

Auteur : Mr Mondialisation | Editeur : Walt | Samedi, 27 Août 2016 - 14h51
 
 

L’information est pratiquement passée inaperçue des grands médias, elle est pourtant symbolique d’un combat mené par des minorités au nom de la planète entière. Au Canada, une petite communauté d’amérindiens a refusé un « pot de vin » (officiellement, un dédommagement) d’ 1 milliard de dollars qui aurait dû ouvrir la voie à la construction d’un port pour le transport du gaz naturel liquéfié.

Avec la raréfaction des puits de pétrole, le secteur doit se diversifier dans des sources non-conventionnelles et repousser toujours plus les limites de l’exploitation des milieux naturels. Ceci implique notamment la construction de nouveaux ports industriels. C’est ainsi que le groupe pétrolier Malaysien Petronas avait l’ambition de construire un port spécialisé pour l’acheminement du gaz naturel liquéfié au Canada. Un sous-projet d’un plan d’exploitation plus large de 36 milliards de dollars canadiens lancé par le groupe Pacific NorthWest LNG.

Malheureusement leur projet va, au moins momentanément, prendre l’eau tout récemment avec la décision des Lax Kw’ alaams, une tribu amérindienne, de refuser la construction de ce port pétrolier adapté au gaz naturel. Par la même occasion, la tribu constituée de quelques 3600 membres fait une croix sur la bagatelle d’1 milliard de dollars. « Ce n’est pas une question d’argent. L’enjeu est environnemental et culturel. » exprime Garry Reece, porte parole du groupe, au New York Times.


Après six consultations publiques et débats, le conseil de la tribu va s’opposer au paiement et au projet. Ainsi, la communauté située en Colombie-Britannique à l’extrême Ouest du Canada, pose un acte écologique fort et courageux. En effet, les habitants craignent que le projet de Petronas puisse avoir un impact important sur les poissons et l’environnement, causant des dégradations irréversibles des « terres sacrées » qui appartiennent aux Lax Kw’ alaams. La plus grande inquiétude concerne la survie des jeunes saumons sauvages dont l’habitat naturel pourrait être détruit et est déjà malmené par d’autres sources de pollutions. Mais la compagnie pétrolière avance des études environnementales exprimant un avis contraire. L’agence environnementale canadienne n’a pas encore remis son avis. Dans une réflexion plus globale, c’est une opposition locale à un souhait de construire sans tarder une ère post-pétrolière à l’heure même d’une crise écologique sans pareille mesure.

Une petite bataille de gagnée mais certainement pas la victoire. La compagnie pétrolière annonce qu’elle continuera à évaluer la viabilité du projet pour répondre aux attentes des natifs amérindiens. De nouvelles « négociations » auront probablement lieu. Plusieurs batailles locales contre des projets similaires se déroulent au même moment au Canada, au Québec et dans le nord des États-Unis. À titre d’exemple, le projetKeystone XL, un pipeline géant devant transporter les sables bitumineux du Canada à travers les USA, est au point mort à ce jour. D’autres tribus aborigènes font opposition à cet autre projet de manière effective pour l’instant. Jusqu’à quand ces peuples vont-ils résister à « la marche du progrès » ? Le progrès ne serait-il pas désormais d’envisager de nouvelles énergies sans plus tarder ?


- Source : Mr Mondialisation
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

ProjectSauron, le logiciel-espion d’Etat dissimulé depuis cinq ans

Auteur : Le Monde | Editeur : Walt | Vendredi, 12 Août 2016 - 16h12
 
 

C’est un logiciel malveillant très sophistiqué qu’ont détecté les entreprises desécurité informatique Symantec et Kaspersky. Dans des rapports publiés respectivement dimanche 7 et lundi 8 août, elles font chacune de leur côté état d’une découverte hors du commun : celle d’un logiciel-espion présent dans des systèmes informatiques sensibles d’une trentaine d’institutions dans plusieurs pays du monde, depuis au moins cinq ans. Des institutions gouvernementales, scientifiques, militaires, télécoms et financières ont été touchées, dans des pays comme la Belgique, la Russie, l’Iran, la Chine, le Rwanda ou encore la Suède.« Mais nous sommes certains que ce n’est que le sommet de l’iceberg », soulignent les chercheurs de Kaspersky dans leur rapport.

L’entreprise explique l’avoir détecté en septembre dernier dans « un réseau appartenant à une institution publique », après avoir été contactée pour enquêtersur des anomalies. Ce logiciel, actif depuis au moins 2011, installe une porte dérobée sur les machines concernées et permet ainsi aux pirates d’espionner leur activité, mais aussi de voler des fichiers, des mots de passe et des clés de chiffrement. Kaspersky le nomme « ProjectSauron », car ses lignes de code contiennent des références à Sauron, l’antagoniste principal du Seigneur des anneaux, qui apparaît sous la forme d’un œil gigantesque capable de tout voir. Symantec, de son côté, l’appelle « Remsec ».

« Implication d’un Etat »

S’il a pu passer inaperçu aussi longtemps, c’est que ce « malware », dissimulé dans des fichiers à l’apparence banale, est conçu de façon très différente des autres logiciels de ce type. « Les pirates ont clairement compris que nous, les chercheurs en sécurité informatique, sommes toujours à la recherche de comportements répétitifs, indique Kaspersky. Supprimez-les et l’opération sera bien plus difficile à découvrir ». Les créateurs de ce logiciel ont en fait« personnalisé son infrastructure pour chaque cible », ce qui fait que les traces et les indices laissés par ProjectSauron diffèrent d’un système à l’autre.

Kaspersky explique également que ce logiciel est capable de dérober des informations sur des ordinateurs non connectés à Internet – ceux qui contiennent généralement les informations les plus sensibles – grâce à une clé USB infectée, permettant d’aspirer des données discrètement.

Qui est à l’origine de ce malware ? Pour Kaspersky, cela ne fait aucun doute :

« Le coût, la complexité, la persistance et l’objectif de l’opération, à savoir voler des données confidentielles et secrètes d’institutions publiques sensibles, suggère l’implication ou le soutien d’un Etat ».

Même analyse du côté de Symantec, qui estime que « ses cibles ont été principalement des organisations ou des invidus qui pourraient intéresser des services de renseigement ». Aucune des deux entreprises ne se risque toutefois àsuggérer de quel Etat il pourrait s’agir.


- Source : Le Monde
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Google Maps a décidé d'exterminer les Palestiniens !

Auteur : RT (Russie) | Editeur : Walt | Jeudi, 11 Août 2016 - 00h24
 
 

Google a supprimé le nom de Palestine de ses cartes et l’a remplacé par Israël.

La décision de Google de retirer la Palestine de ses cartes et de la remplacer par Israël a été tout de suite dénoncée par le Forum des Journalistes Palestiniens.

Selon leur déclaration, la décision de Google faite le 25 Juillet est "une partie de la stratégie d'Israël pour établir son nom en tant qu'Etat légitime pour les générations à venir et rayer définitivement de la carte la Palestine".
 
 


"Le déplacement vise également à falsifier l'histoire, la géographie, ainsi que le droit du peuple à avoir sa patrie, et aussi une tentative échouée de manipuler la mémoire des Palestiniens et des Arabes ainsi que du monde".

D'après le forum, ce remplacement est "contraire à toutes les normes et conventions internationales", ce qui souligne que Google doit refuser ses actions.

Les internautes ont largement réagi à la décision de Google de remplacer la Palestine par Israël sur ses cartes. Parmi des centaines de tweets consacrés à ce sujet, en voici quelques-uns relevés par Sputnik:

"La Palestine vivra toujours dans nos cœurs! Un jour nous prierons dans la mosquée Aqsa".

"Google, tu sais, je ne t'ai pas visité depuis que j'ai acheté mon nouveau portable, et je vendrai mon ordi pour t'oublier et pour t'effacer de ma mémoire".


- Source : RT (Russie)
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

La fureur du mouton

Auteur : Dmitry Orlov | Editeur : Walt | Mardi, 09 Août 2016 - 14h07
 
 

De toutes ces années à regarder la politique aux États-Unis, je n’ai jamais vu une élection présidentielle générer des émotions aussi négatives. Tout le monde déteste Donald Trump ou Hillary Clinton ou, de plus en plus, les deux. Cela crée un problème psychologique grave pour beaucoup de gens : ils veulent dire à leurs amis et au monde que Clinton est mentalement instable doublée d’un escroc, mais ils sont en conflit parce qu’ils se rendent compte que, ce faisant, ils soutiendront Trump.


Ou ils veulent dire à tous que Trump est vulgaire, narcissique, un égoïste et un gros vantard, mais ils sont en conflit parce qu’ils se rendent compte que, ce faisant, ils soutiendront Clinton. Certains abandonnent le duopole des deux partis en faveur des petits partis, prêts à voter pour la verte Jill Stein ou Gary Johnson, le libertarien, mais ils sont en conflit parce que le vote pour Stein prendrait des votes à Clinton l’escroc et donc soutiendrait Trump le vantard, alors qu’en votant pour Johnson, cela prendrait des votes à Trump le vantard et soutiendrait ainsi Clinton l’escroc. Il n’y a simplement pas d’option gagnante ! Ou peut-être y en a-t-il une ?

Il y a une longue liste d’arguments pour voter contre l’un des principaux candidats, certains d’entre eux clairement évidents. Au sommet de la liste de ceux contre Clinton, il y a qu’elle est corrompue et belliciste, alors que Trump est inexpérimenté et va provoquer des divisions sociales. Mais il n’y a pas une seule raison valable pour trouver quelqu’un qui voudrait voter volontairement pour eux. Certains ont soutenu que Trump est moins susceptible de provoquer une troisième guerre mondiale, parce que ses instincts sont ceux d’un homme d’affaires, et qu’il est principalement intéressé à faire de l’argent, pas la guerre; mais Clinton aime l’argent tout autant que Trump. Il suffit de regarder sa gigantesque caisse noire privée, connue sous le nom de Fondation Clinton! D’un autre côté, peut-être que Trump ne va aimer l’idée de la paix que jusqu’au moment où il sera élu. Là, il lui sera expliqué que l’empire américain est un racket et la mafia va le menacer de lui briser les jambes, pour le convaincre d’être raisonnable. Et alors il aimera la guerre tout autant que Clinton. Rien de tout cela ne rend facile pour un amoureux de la liberté et de la paix de voter pour l’un d’eux en toute conscience.

J’ai entendu Jill Stein dire que les gens devraient être en mesure de voter selon leur conscience. Oui, nous allons lui concéder que voter contre sa conscience n’est probablement pas bon pour l’âme, juste peut-être pour le portefeuille. Mais cela donne au bureau de vote la forme d’un confessionnal, plutôt que d’un appareil par lequel les gens peuvent affirmer leur pouvoir politique très limité. Mais avez-vous un quelconque pouvoir politique, ou est-ce que les élections américaines ne sont qu’un jeu de manipulation, dans lequel vous perdez, peu importe comment vous votez ? Une étude de 2014, Tests des théories politiques américaines : Elites, groupes d’intérêt et les citoyens moyens par Martin Gilens et Benjamin I. Page, a montré de manière concluante comment les préférences des citoyens moyens ne comptent pour rien, au contraire de celles des élites aisées et des groupes d’intérêt. Ainsi, à la question de savoir si vous êtes le gagnant ou le perdant dans le jeu de la politique électorale des États-Unis, il est facile de répondre : si vous êtes un multimilliardaire et un capitaine d’industrie, alors vous pouvez gagner ; si vous êtes un citoyen moyen, vos chances de gagner sont précisément de zéro.


Étant donné que vous allez perdre, pourquoi devriez-vous jouer ? Devriez-vous vous comporter comme un Mouton furieux, obéissant à tous les signaux que vous envoient les candidats, leurs organisations et les commentateurs politiques dans les médias de masse ? Devriez-vous y participer, pour donner la plus grande victoire possible à ceux qui manipulent le processus politique à leur avantage ? Ou devriez-vous refuser toute coopération dans la plus large mesure possible et essayer de les démasquer et de neutraliser leurs efforts de manipulation politique ?

Bien sûr, il y a quelques frissons bon marché à avoir, pour les Moutons furieux sous endorphines, comme sauter de haut en bas tout en agitant des signes produits en masse et en criant des slogans pré-approuvés par des comités de campagne. Mais si vous êtes le genre de personne qui aime avoir une pensée indépendante de temps à autre, vous cherchez probablement trois choses :

- éviter des dommages psychologiques d’avoir à observer et à participer à ce spectacle absurde et dégradant ;

- l’expérience du délicieux frisson de regarder ce système échouer et ceux qui sont derrière lui perdre la face ;

- et retrouver une certaine quantité de foi en la possibilité d’un avenir pour vos enfants et petits-enfants, qui pourrait impliquer quelque chose qui ressemble effectivement à une sorte de démocratie, plutôt qu’à un sordide et humiliant jeu truqué.

Avant de nous mettre à jouer, nous devons comprendre quel est le type de jeu proposé, en termes techniques. Il existe de nombreux types de jeux : des jeux de force, des jeux d’adresse (escrime) et des jeux de stratégie (backgammon). Celui-ci est un jeu de force, le combat utilisant de grands sacs d’argent, mais il peut être transformé en un jeu de stratégie par le côté le plus faible, sans pouvoir gagner, mais en niant la victoire du côté adverse.

La plupart d’entre nous sont animés par la belle idée que les jeux devraient être équitables. Dans un jeu juste, les deux parties ont une chance de victoire, et il y a normalement un gagnant et un perdant, ou, à défaut, un match nul. Mais les jeux équitables ne représentent qu’un sous-ensemble des jeux, tandis que le reste, la grande majorité, est injuste. Ici, nous parlons d’un type spécifique de jeu déloyal, dans lequel votre camp perd toujours. Mais cela veut-il dire que l’autre côté doit toujours gagner ? Pas du tout ! Il y a deux résultats possibles: « Vous perdez ? ils gagnent » et «Vous perdez ? ils perdent ».

Maintenant, si vous, n’étant ni multimilliardaire, ni un capitaine d’industrie, vous êtes confronté à la perspective de passer le reste de votre vie du côté des perdants, quel résultat pourriez-vous souhaiter ? Bien sûr, vous devriez vouloir que l’autre côté perde aussi ! La raison : si ceux de l’autre côté commencent à perdre, alors ils vont abandonner ce jeu et recourir à d’autres moyens d’assurer une victoire injuste. Dans le cas du jeu de la politique électorale américaine, cela percerait le voile de la fausse démocratie, générant un niveau d’indignation publique qui pourrait rendre la restauration de la démocratie réelle au moins théoriquement possible.

Alors, comment changer le résultat de « Vous perdez ? ils gagnent » en « Vous perdez ? ils perdent » ?

La première question à laquelle répondre est de savoir si vous devriez prendre la peine de voter, et la réponse est oui, vous devriez voter. Si vous ne votez pas, alors vous abandonnez le terrain de jeu aux Moutons furieux qui, étant les plus faciles à manipuler, remettront une victoire facile à l’autre camp. La question restante est : comment devriez-vous voter pour faire perdre l’autre côté ? Cela ne devrait pas être considéré comme une question de choix personnel ; pas besoin de vous préoccuper de savoir qui est le « moindre mal », ou quel candidat fait les moins mauvaises promesses. Vous n’allez pas voter pour quelqu’un ; vous allez voter contre l’ensemble du processus. Pensez-vous comme un soldat qui se porte volontaire pour la défense de la liberté : vous allez tout simplement exécuter les ordres. La charge a été déposée par quelqu’un d’autre ; votre mission, si vous l’acceptez, est d’allumer la mèche et de partir. Cela devrait à la fois vous motiver pour aller voter et rendre le processus de vote facile et sans stress. Vous allez démasquer, renverser le paradigme dominant puis regarder le feu d’artifice.


Maintenant, vous devez comprendre la façon dont le jeu électoral se joue. Il se joue avec de l’argent, de grosses sommes d’argent, le vote étant tout à fait secondaire. En termes mathématiques, l’argent est la variable indépendante et les votes sont la variable dépendante, mais la relation entre l’argent et les votes est non linéaire et varie dans le temps. Pour commencer, les intérêts financiers misent d’énormes sommes d’argent sur les deux grands partis, non pas parce que les élections doivent être, par leur nature, ridiculement chères, mais cela érige un obstacle insurmontable à l’entrée des citoyens moyens dans le processus. La décision finale de victoire est prise avec une marge relativement mince, afin de rendre au processus électoral un semblant d’authenticité, plutôt qu’une pure mise en scène, et susciter l’enthousiasme. Après tout, si les intérêts financiers se contentaient de jeter tout leur argent sur leur candidat préféré, cela rendrait la victoire de ce candidat jouée d’avance, mais ce ne serait pas vu comme suffisamment démocratique. Ils utilisent donc des sommes importantes pour se séparer de vous les sans-dents, mais de beaucoup plus petites sommes pour faire pencher la balance.

Lors du calcul pour faire pencher la balance, les experts politiques employés par les intérêts financiers se reposent sur des informations sur l’appartenance politique, les données de sondage et les habitudes historiques de vote. Pour changer le résultat d’un mode « gagnant/perdant » à un mode « perdant/perdant », vous avez besoin d’invalider ces trois choses :

- Le bon choix d’appartenance à un parti est aucun, ce qui, pour une raison bizarre, est communément étiqueté comme indépendant (et attention pour l’American Independent Party, qui est un parti d’extrême-droite mineur en Californie qui a trollé avec succès les gens pour qu’ils se joignent à eux par erreur). Quoi qu’il en soit ; laissez les Moutons furieux fiers d’être des dépendants. Dans tous les cas, les deux principaux partis sont en train de mourir, et le nombre de membres non affiliés a un parti est maintenant presque le même que le nombre de démocrates et de républicains réunis.

- Lorsque vous répondez à un sondage, la catégorie pour laquelle vous devriez toujours opter, c’est indécis, jusqu’au moment où vous entrez dans l’isoloir. Interrogé sur vos habitudes sur diverses questions, vous devez vous rappeler que l’intérêt concernant votre avis est malhonnête : votre position sur les vraies questions ne compte pour rien (voir l’étude ci-dessus), sauf dans le cadre d’un effort pour vous amener, vous, Mouton furieux, dans un paddock politique. Par conséquent, quand on parle aux sondeurs, soyez vaguement des deux côtés sur chaque question tout en soulignant que cela ne joue aucun rôle dans votre prise de décision. Si on vous demande ce qui importe pour vous, indiquez que vous vous concentrez sur des questions telles que le langage corporel, le sens de la mode et le comportement des candidats. Cela aura pour effet de court-circuiter toute tentative de vous manipuler en utilisant votre capacité purement fictive pour influencer la politique publique. Vous ne pouvez pas être pour ou contre un candidat de manière franche et claire ; ni qu’il y a un test décisif sur le comportement ou sens de la mode. Les politiciens sont censés être en mesure de mener les Moutons furieux en faisant des promesses qu’ils n’ont pas l’intention de tenir. Mais que va-t-il se passer si les électeurs (conscients du fait que leurs opinions ne comptent plus) commencent soudainement à exiger une meilleure posture, des gestes de mains plus gracieux, un ton de voix plus mélodieux et un côté plus énergique ? Calamité ! Ce qui était censé être un champ de bataille idéologique, faux mais bien rangé avec des lignes de front fictives mais clairement délimitées, se transforme soudain en un concours de beauté macabre tenu dans un champ uniforme de boue liquéfiée.

- La dernière étape consiste à invalider les habitudes de vote historiques. Ici, la solution parfaitement évidente est de voter au hasard. Le vote aléatoire produira des résultats non aléatoires mais chaotiques, viciant l’idée que le processus électoral se base sur les plates-formes des partis politiques, des questions ou des mandats populaires. Plus important encore, il annulerait le processus par lequel les votes sont achetés pour obtenir de l’argent des politiques. Il suffit de se rappeler d’apporter une pièce dans l’isoloir avec vous. Voici un organigramme qui explique comment vous devez décider pour qui voter une fois que vous êtes debout dans la cabine de vote tenant votre pièce :

 
 

Pile / Face -> Gauche / Droite -> Pile / Face -> selon Clinton / Stein ou Trump / Jonhson

Si vous voulez être un activiste, apportez une poignée de pennies et distribuez-les aux gens tout en faisant la queue au bureau de vote. Vous n’aurez pas besoin de convaincre beaucoup de gens pour produire l’effet escompté. Rappelez-vous, qu’afin de maintenir l’apparence d’un processus démocratique, la marge artificielle financièrement induite par la victoire est maintenue assez mince, et même une petite quantité d’aléatoire ajoutée est suffisante pour l’anéantir. Soulignez le mot « liberté » en bonne place et en relief sur chaque penny. Expliquez brièvement ce qu’est un Mouton furieux, et comment l’exercice de la liberté est exactement le contraire d’être un Mouton furieux. Ensuite, expliquez-leur comment les pièces de monnaie doivent être utilisées : le premier tirage du penny détermine si vous votez pour la gauche ou la droite ; le deuxième si vous votez pour le candidat majeur ou mineur. Assurez-vous de mentionner que c’est un moyen infaillible pour pomper l’argent des politiciens. Essayez la ligne: « Ce penny ne peut pas être acheté. » Ne pas discuter, ne pas débattre ; sortez votre discours bien huilé, donnez le penny et avancez. Le dernier détail dont tout le monde a besoin de se rappeler est de savoir comment répondre aux sondages de sortie de vote, afin de priver l’autre côté de toute compréhension de ce qui vient d’arriver. Lorsqu’on vous demandera comment vous avez voté, dites : « J’ai voté à bulletin secret. »

Ensuite, vous pouvez rentrer à la maison, allumer la boîte à con et regarder un spectacle amusant avec des grincements de dents, des vêtements arrachés et la dispersion de cendres sur les têtes jacassantes. Vous ne pourrez pas voir les scènes de rancœur backstage et les récriminations parmi les élites fortunées, mais vous pouvez imaginer à quel point elles seront furieuses, ayant vu leurs milliards de dollars vaincus par quelques poignées de pennies.

Vous pourriez penser que le vote aléatoire, avec chaque candidat obtenant une part égale de voix, serait parfaitement prévisible, ce qui permettrait d’assurer une victoire par le piratage de quelques machines de vote. Mais ce ne sera jamais le cas dans le monde réel, parce que tout le monde ne va pas voter au hasard. Vous pourriez alors penser qu’il serait encore possible de manipuler les électeurs au vote non aléatoire d’une certaine manière. Mais comment on peut prédire qui va voter au hasard, et qui ne le fera pas ? Et si chaque vote est, en substance, acheté, comment quelqu’un va-t-il acheter des votes aléatoires ou déterminer à quel candidat un tel achat serait favorable ? Dans cette situation, l’achat de votes ne servirait qu’à embrouiller davantage le résultat. Ainsi, l’effet du hasard ajouté au résultat ne serait plus aléatoire ; il serait chaotique.

Et voila, mes chers compatriotes, comment vous pouvez changer un résultat « Vous perdez ? ils gagnent » en un résultat plus juste et plus équitable de « Vous perdez ? ils perdent » dans ce jeu particulier de stratégie.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

 
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Le mystère de l'or enfin dévoilé

Auteur : Robert Bibeau | Editeur : Walt | Lundi, 01 Août 2016 - 14h16
 
 

Nous avons reçu ces questions dans notre boite aux lettres récemment : « Je cherche à comprendre comment s’est réalisé le renchérissement dramatique de l’or. En mars 1967, le lingot valait 5555 francs ou 847 €. Il vaut actuellement 37 750 €, la hausse est de 4 457 %, à qui profite le crime ? Pourquoi existe-t-il une inflation continuelle ? Pendant cette période la pauvreté s’est aggravée, les pauvres sont de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux et les riches de plus en plus riches. Y aurait-il un lien de causalité ? Est-ce à rapprocher de 2008 et de la crise des subprimes qui a eu le même effet ? Et le FMI et la Banque Mondiale n’est-ce pas une arnaque des pays riches contre les pays pauvres ? » (1)

Amorçons notre réponse par ces interrogations à propos du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale. Nous complèterons en traitant de la question de la valeur de l’or et des monnaies qui est de toute façon liée à la précédente.

Les organismes de la gouvernance internationale impérialiste

Le FMI et la Banque Mondiale ont été constitués à la fin de la Seconde Guerre mondiale dans le cadre d’une entente appelée les Accords de Bretton Woods (1944). Ce sont des ententes mises sur pied par le grand capital financier occidental pour l’assister dans son expansion mondiale (vers l’Asie et l’Afrique), afin de mettre les bourgeoisies nationales de ces pays « émergents », ainsi que celles des pays qui seraient bientôt en reconstruction (Europe), sous la botte du grand capital multinational. Le FMI et la BM ont été créés en tant que pendant financier de l’OTAN sur le plan militaire, de l’ONU sur le plan politique, et du CPI sur le plan juridique. Le tout constituant une structure de gouvernance chargée d’organiser l’hégémonie de la première économie capitaliste sur l’ensemble de l’impérialisme mondialisé.

Ces organismes financiers internationaux, inféodés à la classe capitaliste occidentale, étaient du type « police du fric » et leur mission spécifique consistait à forcer les bourgeoisies nationalistes des différents pays pseudolibérés (2) à rejeter le fardeau de la crise économique d’après-guerre sur le dos des classes ouvrières, paysannes et petites-bourgeoises nationales (ce qui comprenait les petites bourgeoisies eurocommunistes ainsi que d’autres comme ces communistes indonésiens que Soekarno le « non-aligné » fera exécuté, etc.). Les armées alliées avaient ordre de soutenir militairement cette stratégie économique adossée au Plan Marshalétatsunien. L’équivalent du Plan Marshall sera mis sur pied du côté soviétique.

C’est par cette stratégie tous azimuts – planifiée depuis l’Occident par la puissance impérialiste américaine (et par l’URSS du côté du Comecon) que le grand capital international assura son expansion finale sur l’ensemble de la planète, prenant pour l’occasion les noms de « mouvement de décolonisation et de lutte de Libération nationale antiimpérialiste, et de Révolution de démocratie nouvelle » (sic), c’est-à-dire, un mouvement de libération des anciennes puissances impérialistes européennes remplacées par le duo É.-U. – URSS. Ce à quoi la Chine « maoïste » allait bientôt s’opposer, réclamant sa part du gâteau des pays capitalistes « non alignés » dans l’esprit de Bandung et de la Tricontinentale (3). Les guerres de Corée et du Vietnam ne furent rien d’autre que le résultat de cette concurrence entre grandes puissances pour recruter les bourgeoisies nationalistes des pays en voie de développement, que l’on appelle maintenant pays « émergents ».

Pendant cette période trouble sur le plan économique et politique

Le FMI, la BM et d’autres organisations financières internationales avaient pour tâche de soutenir et de maintenir le taux de profitabilité du grand capital international pas exclusivement étatsunien, mais de tout le capital international imbriqué en un tout concurrentiel globalisé, ce que les altermondialistes, les « démondialisateurs » et les euros sceptiques découvriront cinquante années plus tard. Ne pas oublier qu’à cette époque l’impérialisme était en pleine expansion, d’abord vers l’Amérique latine et vers l’Asie, et ensuite vers l’Afrique. Maintenir le taux de profitabilité se révéla une tâche impossible à réaliser. Les lois inhérentes au mode de production capitaliste empêchaient l’atteinte de cet objectif de produire toujours plus de plus-value pour assurer la profitabilité des investissements en utilisant de moins en moins de capital variable – vivant – unique source de plus-value, et c’est ici que nous allons aborder la question de l’or international et des monnaies nationales.

Les Accords de Bretton Woods (4) régulaient strictement l’échange des monnaies, dont la « monnaie » universelle – l’or – que les capitalistes internationaux avaient la prétention de contenir et d’asservir. Ainsi les Accords prévoyaient que le dollar américain serait de facto la monnaie privilégiée du commerce international, mais à la condition que cette devise soit convertible en « quasi-devise » or. Cependant les Américains, entrevoyant les problèmes, exigèrent que cette convertibilité soit fixée à 35 dollars US l’once d’or. L’économie mondiale s’accroissant, le commerce mondial se démultipliant, alors que la quantité d’or sur le marché n’augmentait pas assez rapidement, le déficit commercial étatsunien eut tôt fait d’emporter les réserves fédérales américaines (comprenant l’or allemand stocké à Fort Knox). En 1971, le Président Richard Nixon baissa les bras et décréta que le dollar n’était plus convertible en or et que la valeur de la devise américaine allait désormais flotter au gré des marchés boursiers, ce qui de facto libérait la valeur de l’or qui retrouvait (ce qu’elle n’avait jamais perdu en réalité) son rôle de monnaie de réserve internationale. S’en suivit un renchérissement de la valeur de l’or (valeur refuge) qui ne finit plus de gonfler telle une baudruche, ce qui devrait se poursuivre jusqu’à la prochaine grande dépression.

La monnaie de réserve – la monnaie or

Dans une économie de marché, de types capitaliste ou soviétique, le rôle d’une monnaie est toujours de faciliter les échanges de marchandises. Une monnaie sert d’intermédiaire entre les marchandises en représentant adéquatement le quantum des forces de travail utilisées (investi) dans la production d’une marchandise, et la somme de toutes les marchandises disponibles sur le marché. La quantité de monnaie en circulation ne devrait jamais dépasser la valeur sociale totale des marchandises disponibles (produites) sur les marchés, sinon la monnaie sera dépréciée – c’est l’inflation – ou la valeur des marchandises va s’effondrer – c’est la déflation –. La surquantité de dollars, y compris sous forme de crédits (qui n’est que l’anticipation d’une valeur à réaliser), répandue sur les marchés est telle que la valeur du dollar, et des autres monnaies comme l’euro et la livre sterling, périclite alors que l’or, la quasi-monnaie de réserve de plus en plus rare (relativement) grimpe en flèche. Ce que notre correspondant constate en observant les indices boursiers.


De plus en plus de dollars (d’euros et de yens et de yuans) sont à la poursuite d’un stock d’or limité. Attention toutefois, la valeur de l’or monte relativement à la valeur des devises qui descend, ceci signifie qu’il faut de plus en plus de dollars (euros, livres, francs, yuans) sans valeur pour acheter une once d’or ! Est-ce vraiment un renchérissement de la valeur de l’or ou un dépérissement inflationniste de toutes les monnaies ?

Pour conclure

Que devons-nous conclure de tout ceci ? La montée de la valeur relative de l’or signifie que la crise systémique du capitalisme s’intensifie et qu’elle entrainera un immense krach boursier international – les indices boursiers soufflés se réajustant à la valeur réelle de la quantité de force de travail social réellement investi, valorisée et spoliée aux ouvriers –. C’en sera fini alors des hyperprofits bidon issus de la spéculation boursière, immobilière et aurifère. Ceci ne sera que le premier acte de la tragédie des milliardaires et des millionnaires en faillite. Suivront la dévaluation de toutes les monnaies – la déflation – le chômage de masse – les fermetures d’entreprises, les technologiques et les banques en premiers, les autres par la suite. Sauveront une partie de leurs acquis – mal acquis – ceux qui auront stocké de l’or physique (5), dont les cours, s’envoleront. Le capital mondial atteindra des niveaux de concentration incroyable – des millions de riches perdront leur fortune de pacotille, et seuls en réchapperont ceux qui possèderont des réserves d’or, mais à une condition cependant !  À la condition que cette très Grande Dépression ne donne pas lieu au renversement du mode de production capitaliste – et à son remplacement – et que ce système moribond se maintienne sur les lieux de son crime, redonnant au marché, à l’or, et à l’esclavage salarié leurs valeurs d’antan. Pour ceux qui ne le savent pas, les capitalistes russes et chinois sont les premiers producteurs et les premiers thésaurisateurs d’or au monde. Quelles puissances impérialistes selon vous sortiront vainqueurs de ce bras de fer monétaire ?


Si après cette autre crise tout redevient comme avant, tout recommencera comme d’antan (après la Première et la Seconde Guerre mondiale). Il appartiendra au prolétariat révolutionnaire international de faire en sorte de trancher le nœud gordien et de construire un nouveau mode de production non marchand. De grâce toutefois, tenez loin de nous cette gauche bourgeoise sectaire, dogmatique et réformiste qui ne comprend rien à tout ce cirque. 


Notes:

(1)    La finalité du mode de production capitaliste http://www.les7duquebec.com/7-au-front/217913/

(2)    Hormis ceux de l’Est, l’URSS et les pays du bloc de Varsovie ne s’intègreront pas directement aux Accords de Bretton Woods, ils le feront indirectement, via le marché international et le trafic des devises.

(3)    http://www.les7duquebec.com/7-au-front/non-alignes-tricontinentale-60ieme-anniversaire-22/

(4)    http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/la-mondialisation-33/

et http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/mort-et-resurrection-du-veau-dor-americain/

(5)    Nous spécifions « l’or métal », car les boursicoteurs et les banksteurs ont depuis quelques années imaginés un stratagème frauduleux qui consiste à émettre des « papiers à Ordre » (or), des parchemins qui ne valent pas le support sur lesquels ils sont libellés.